Présences Electronique 2013 - Keith Fullerton Whitman / Robert Hampson / Big / Edgardo Canton

 date du concert

06/04/2013

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Electronique 2013 / INA / GRM / Keith Fullerton Whitman / Le 104 / Robert Hampson

 liens

Keith Fullerton Whitman
Robert Hampson
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2013

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Nous voici de retour pour la suite des chroniques du festival Présences Électronique. On reprend là où on s’était arrêté avec la soirée du samedi et notamment Robert Hampson et Keith Fullerton Whitman pour ne citer que les quelques habitués de ces pages.

On commence avec Edgardo Canton, musicien d’origine argentine ayant suivi un stage au GRM au début des années 60. Il intégrera alors le groupe où il composera la plupart de ses productions, dont I palpiti, écrit en 1966 et spatialisé ce soir par Daniel Terruggi.
Une pièce dont le titre fait référence à la vie et dont on retrouve les caractéristiques dans l’écriture. Fort contraste entre les tonalités, dans le tempo, avec des sonorités particulièrement électroniques, donnant à l’ensemble une certaine modernité. On reste toutefois dans un registre assez proche des musiques électroacoustiques avec une abstraction quasi constante, ponctuée de quelques glissements, vrombissements et oscillations électroniques. Une pièce courte (8 minutes) mais une belle introduction à la soirée.

On poursuit avec Big, le projet de Frederick Galiay et Edward Perraud, pour qui de nombreux spectateurs semblent avoir fait le déplacement. L’un à la basse, le second à la batterie, ils produisent une musique à la fois abstraite et puissante, une sorte de drum’n bass revue et corrigée façon impro-jazz, mais avec une énergie rock.
A priori pas vraiment notre domaine de prédilection, et une musique à laquelle on ne prêterait certainement que peu d’attention sur disque. Big est un duo à voir en concert tant celui-ci prend la forme d’un véritable spectacle. Un show qui mêle une virtuosité non démonstrative et un humour décalé dont le batteur reste le principal instigateur, entre numéro de jongleur et d’équilibriste, faisant rebondir ses baguettes sur ses tambours, puis escaladant sa batterie.
Un concert que l’on appréhendait un peu, puis finalement un excellent moment, mais il ne nous reste pas grand chose de leur musique, tant elle semble passez au second plan, derrière le spectacle.

Les concerts se suivent et ne se ressemblent pas puisque c’est Robert Hampson qui jouait ensuite. Le genre d’artiste dont on est plutôt fan et dont on trouvera les apparitions un peu trop rares, bien que régulières.
Après un virage autour des musiques concrètes, on remarquait voici un peu plus d’un an que l’anglais s’était orienté vers une musique plus proche d’une ambient-drone. On ne savait donc à quoi s’attendre ce soir, mais c’est avec plaisir que l’on constatait que Robert Hampson poursuivait ses expérimentations minimalistes. On commence par de simples ronronnements de machines qui oscillent et se superposent, puis des tonalités empreintes de souffles, des sifflements réguliers, mécaniques, dont la répétition provoque assez rapidement un effet hypnotique.
La mise en place est assez longue, mais elle nous fait d’autant plus apprécier un superbe passage ambient, aux mélodies subtiles, simplement construites par les oscillations de quelques tonalités, puis la montée finale, puissante et prenante. De toute beauté, l’un de nos meilleurs moments du festival.

On terminera avec Keith Fullerton Whitman. Tout comme on fut surpris de voir Robert Hampson sur scène, on s’étonnera de voir l’américain se produire au milieu de la salle, au niveau de console de mixage.
Équipé de synthétiseurs analogiques, il produisit une musique particulièrement abstraite, d’autant plus difficile à appréhender que l’on ne le voyait pas en train de triturer ses câbles. On commence par de micros sifflements, des cascades de bleeps hétérogènes interrompus par quelques hululements frétillants, pulsations de basses jouant le rôle de rythmique, mais aussi de longues tonalités faisant l’effet de cassure, d’apaisement entre deux envolés de fracas sonore.
On sortira de là un peu abasourdis et frustré de n’avoir eu que le son. Après le concert, un public curieux et intrigué par ces machines vint à la rencontre de l’artiste qui joua le jeu de la master class, un exercice auquel il est parfaitement habitué.

Fabrice ALLARD
le 24/06/2013

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