Une Préface

 date

du 06/06/2013 au 28/07/2013

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
 tags

Guillaume Leblon / Jimmie Durham / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Mark Geffriaud

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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Pour le dernier épisode de leur résidence au Plateau (initialement une trilogie, finalement une tétralogie), les commissaires Élodie Royer et Yoann Gourmet annoncent vouloir à nouveau s’appuyer sur le processus de fabrication, en conviant des artistes « pour lesquels la production de formes et d’images est indissociable de leur processus de fabrication et de leur matérialité » (selon les termes du journal d’exposition). Déjà à l’épreuve dans leurs précédentes propositions (et notamment Le Mont Fuji n’existe pas, avec les limites qu’on avait alors pointées), ce mécanisme s’avère vite mis de côté puisqu’on se rend compte qu’Une Préface s’attache en vérité à la problématique de la reconstitution.

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Mark Geffriaud - Shelter (seuil)
(courtesy gb agency)

Ainsi, Philippe Fernandez recrée le mythe de la Caverne de Platon via une salle de cinéma vue comme transposition contemporaine de la cavité antique, tandis que Zoe Leonard tente de capturer, par ses photographies non traitées, les traces du soleil pris de manière frontale. Dans Le Sentiment des Choses (première exposition curatée par le duo Royer-Gourmet), Mark Geffriaud avait installé une marche, composante de la maison qu’il est en train de construire, morceau par morceau ; détériorée à l’usage, celle-ci se trouve réactivée cette fois-ci en la présentant cassée, symbole de sa fragilité. À partir de photographies de pièces archéologiques, Paul Sietsema a reconstitué des objets d’art premier qu’il a ensuite filmés, jouant alors sur la mise en abyme. À cette préoccupation fait écho l’épigraphe pour une préface, invitation de commissaires (le collectif Triple Candie) par les commissaires Élodie Royer et Yoann Gourmet, prélude (la première salle du Plateau est laissée au collectif) à ce postlude (il s’agit de la dernière exposition du duo) et savant jeu sur l’emboîtage.

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Jimmie Durham - The Museum of Stone (détail)
(courtesy Galerie Michel Rein)

Au-delà de cette perspective, on retrouve aussi Jimmie Durham avec deux vitrines présentant des pierres plus ou moins remarquables, et Guillaume Leblon investit l’intégralité de la dernière pièce du Plateau, la recouvre de plâtre et y dispose divers objets, façon atelier d’artiste ou témoignage d’un work in progress quelconque. Nonobstant l’intérêt de ses œuvres prises séparément, on ressort du lieu sans être certain que cette exposition et sa démarche curatoriale nous convainquent sur les qualités de Royer et Gourmet (dont, globalement, la presse a timidement salué le travail), mais, assurément, il y a là une bonne cohérence avec les précédents volets de leur résidence.

François Bousquet
le 19/07/2013

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