Présences Electronique 2013 - Jean-Claude Eloy

 date du concert

07/04/2013

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Electronique 2013 / INA / GRM / Jean-Claude Eloy / Le 104

 liens

INA / GRM
Le 104
Jean-Claude Eloy
Festival Présences Electronique 2013

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Troisième jour de festival et non des moindres. Le concert de 16h était en lui-même un événement puisque l’on y découvrait Jean-Claude Eloy et son oeuvre Shânti jouée dans son intégralité, soit un concert de près de 2h20, non stop.

Jean-Claude Eloy est un compositeur français né en 1938. Il a étudié auprès de Boulez et Stockhausen et vécu aux quatre coins du monde, des Etats-Unis au Japon en passant par l’Allemagne. Il fut invité à Cologne par Karlheinz Stockhausen en 1972 et c’est là qu’il composa Shânti. Ses premières influences musicales se situent autour de Claude Debussy et Olivier Messiaen, jusqu’à ce qu’il découvre les musiques traditionnelles orientales qu’il incorporera dans son travail dès le début des années 70.
Shânti signifie "paix" en langage sanskrit et après avoir écouté quelques rapides extraits du travail de Jean-Claude Eloy on s’attendait à écouter plus de deux heures de musique ambient et planante. En fait le musicien assemble les contraires, aussi son œuvre est un croisement de musique ambient et concrète, mêlant nappes et drones avec des interviews, des discours tirés de documentaires apportant une composante politique à cette pièce.

On ne s’étonnera pas trop de voir que la salle n’est que modérément remplie. C’est certainement l’effet dimanche et le beau temps incitant les parisiens à profiter du soleil plutôt que de s’enfermer dans une salle obscure, qui plus est pendant plus de 2h d’affilé.
Une fois les portes fermées, les lumières éteintes, le voyage peut démarrer avec pour commencer une musique expérimentale et concrète que l’on n’attendait pas, croisant sifflements et bruitages électroniques, voix déformées et ce que l’on prendra pour un défilé militaire, avant de bifurquer vers une ambient flottante et fantomatique.
La pièce se découpe en 4 parties d’environ 35mn, chacune étant composée de deux ou trois mouvements, autant d’occasions de passer du collage d’interview et évocations sonores à la manipulation de sonorités minimalistes, drones puissants, respirations sourdes et inquiétantes, oscillant sans cesse entre apaisement et profondes tensions.

Un concert en forme d’expérience : rester assis, attentif pendant plus de 2h, prendre conscience de son corps sur des chaises au confort limité ou au contraire partir temporairement dans une sieste musicale, toutes les configurations sont possibles. Certains quitteront la salle, quant à nous, on se dira régulièrement qu’il ne faudrait pas que ce moment s’arrête.

Fabrice ALLARD
le 27/06/2013

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