Keith Haring : The Political Line

 date

du 19/04/2013 au 18/08/2013

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Keith Haring / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Aller à une exposition Keith Haring, c’est être à peu près certain de se trouver en face de symboles et formes connues, tellement l’imagerie développée par le New-Yorkais se déploie dans l’univers quotidien : multiples produits dérivés, nombreux artistes street art se revendiquant de son héritage, présence récurrente dans la publicité et les magazines, etc… Comme souvent, l’institution qui organise une monographie d’un créateur aussi populaire ambitionne d’en dévoiler une facette moins familière ou bien d’en révéler une part jusqu’alors obscurcie.

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A Pile of Crowns for Jean- Michel Basquiat
(courtesy Keith Haring Foundation)

De fait, si les visuels et motifs exposés dans The Political Line présentent assez peu de surprises, eu égard à la large diffusion dont on faisait état précédemment, la monstration des différents supports utilisés conduit à davantage de découvertes. Peintures sur vases et amphores, toiles aux formats variés (triangle, tondo) ou craie sur ardoise furent, pour Keith Haring, autant de terrains d’expression propres à accueillir son trait aussi fulgurant que ne le fut son parcours (une douzaine d’années entre ses premières réalisations - 1978 - et son décès - 1990 -). Même écho entre sa vie et son œuvre avec son énergie créatrice qu’il convient de mettre en regard du caractère assez (trop ?) chargé de ses productions : toiles et bâches trop grandes, couleurs trop franches, trait trop présent, espace trop saturé.

Cette volonté de remplir toiles et autres supports est également à mettre en relation avec la manière qu’a eu l’États-unien d’inonder le marché de l’art (voire du divertissement) par une prolifération d’œuvres (afin de faire chuter les prix de vente) et de produits dérivés, vendus dans son célèbre Pop Shop. À l’évidence, cette démarche lui permettait d’utilement vilipender un marché et d’adopter un positionnement moins malaisé que celui de facile contempteur, critiquant l’adoration du dollar dans ses peintures mais ouvrant en même temps une boutique écoulant ses créations. Sous ce jour, il nous est apparu difficile, pendant toute la visite de cette large exposition, d’appréhender le travail de Keith Haring en dehors de sa période de production et avec le recul qu’apporte les vingt-trois années passées depuis sa mort.

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Untitled
(courtesy Keith Haring Foundation)

Ainsi, toutes les thématiques envisagées semblent aujourd’hui terriblement convenues : avilissement des masses par la télévision ou la religion, critique du capitalisme, dénonciation de la mainmise de l’État, lutte contre le racisme ou pour la sauvegarde de la planète. Naît alors la question suivante : était-il vraiment contestataire et avant-gardiste à l’époque (et tous ces combats seraient-ils devenus le lot commun du plasticien lambda ?) ou bien était-il dans une perspective finalement assez bien pensante ?

François Bousquet
le 30/07/2013

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