Marianne Vitale : Bright Dark Future

 date

du 14/03/2013 au 18/08/2013

 salle

Confort Moderne,
Poitiers

 appréciation
 tags

Confort Moderne / Marianne Vitale

 liens

Confort Moderne

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Les liens étroits tissés par le Confort Moderne avec la scène plasticienne new-yorkaise ont déjà pu être soulignés dans ces pages, à l’occasion de l’exposition collective Collateral et de celle consacrée à Rita Ackermann. C’est dans la même sphère qu’évolue Marianne Vitale, artiste du Lower East Side qui, après des travaux vidéo, s’est orientée depuis 2012 vers des sculptures en bois brûlé. C’est précisément ce médium qui est ici convoqué pour sa première monographie en France pour laquelle la jeune femme a choisi la thématique du système solaire en installant, au cœur de l’entrepôt-galerie une forme dénommée Sun qui, par ses morceaux tendus comme des rayons irradie l’ensemble du lieu et sert de centre à la scénographie, les neuf autres sculptures-planètes étant positionnées autour de lui. Et pourtant, c’est la seule intervention qui semble capable de tourner sur elle-même grâce à un axe central métallique.

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Vue de l’exposition

Cette forme de détournement un peu décalé, de distance par rapport à son sujet d’étude, voire d’humour, se retrouve dans sa représentation de Saturn, probablement la planète la plus facile à figurer et qui se voit mise à plat, collée au mur, juste affublée de deux anneaux non ronds et non concentriques. Même mouvement avec Jupiter, désigné comme « roi du système solaire » avec sa suite de triangles comme autant d’éléments d’une couronne, mais d’une couronne déstructurée et déchue car réalisée en bois calciné, ou bien avec Pluto, planète rarement étudiée et réduite alors à une forme de stèle funéraire. La majesté de la plupart des sculptures (occupant très bien les grands volumes du lieu) s’accompagne toutefois d’une forme de fragilité de quelques-unes, de leur caractère incertain, quasi-chancelant (Neptune).

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Vue de l’exposition

Si la symbolique recherchée à chaque fois par Marianne Vitale peut paraître un peu facile par moments (Venus, forme évidemment phallique, et sur laquelle « Heart » a été taguée), Earth interroge davantage : empilement de deux petites maisons noires, la Terre donne une impression d’enfermement, de cloisonnement (à la différence d’autres planètes qui se tournent davantage vers les autres) mais signifie également l’enchâssement des habitations et l’interdépendance des Terriens.

Au-delà du geste vernaculaire et de la reprise de matériaux de récupération, la New-Yorkaise parvient, avec ses créations, à puiser au fond de la tradition états-unienne, piochant dans l’héritage du western, de la country, du folk mais aussi de la conquête de l’espace, qu’il s’agisse de l’espace d’exposition, pleinement appréhendé, mais aussi de la conquête spatiale dont elle donne une vision rudimentaire et passionnante.

François Bousquet
le 08/08/2013

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