Eluvium

Nightmare Ending

(Temporary Residence Ltd / Differ-ant)

 date de sortie

14/05/2013

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Eluvium / Matthew Cooper / Temporary Residence Ltd

 liens

Eluvium
Temporary Residence Ltd

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Comme lors de l’intervalle précédent entre ses deux albums sous le nom d’Eluvium, Matthew Cooper a laissé passer trois ans mais a multiplié les propositions : sorties sous le nom de Martin Eden, bande-originale de film et disque conjoint avec Peter Broderick sous son nom propre, album au sein du duo Concert Silence. Au moment de réactiver Eluvium, Matthew Cooper fait le choix de reprendre le fil de sa discographie là où il l’avait arrêtée avec Copia, considérant alors Similes, son précédent long-format, marqué par des titres plus « chanson », comme une parenthèse.

Retour donc aux longues plages ambient instrumentales, conjugaisons de nappes ondoyantes de piano et d’orgues, propres à rapidement susciter l’émotion chez l’auditeur par avance conquis que nous sommes. Au reste, comme souvent chez Eluvium, le premier titre emporte immédiatement l’adhésion, Don’t Get Any Closer se positionnant d’entrée comme une franche réussite, avec la profondeur de ses accords et la précision de ses apports électroniques. Passé cet incipit, le reste du premier des deux CD que compte Nightmare Ending (découpage pas forcément explicité, ni justifié par une différence flagrante d’approche entre chaque support) va principalement s’épanouir dans des morceaux moins riches, adoptant un travail plus dépouillé sur les textures ou voyant l’Étatsunien se diriger vers le néo-classique (Caroling). À nouveau, quand le piano se mêle à des nappes synthétiques, le caractère touchant des compositions d’Eluvium se fait immédiatement jour (Sleeper). Pour clore ce premier volet sur une aussi excellente note qu’il s’était ouvert, Matthew Cooper invite Mark T Smith (membre d’Explosions In The Sky, compères de label) à livrer des rythmiques pour accompagner ses plages ambient et conférer à Envenom Mettle une dimension à la fois quasi-vertigineuse et diablement entraînante (par la grâce, notamment, du break aux 2/3 du morceau).

Le second CD de l’album poursuit, dans l’ensemble, un agencement similaire, avec une apparition du piano peut-être plus fréquente (Chime, Impromptu (For The Procession), Entendre). Privilégiant parfois la présence unique de nappes synthétiques, Eluvium sait à nouveau offrir des titres fortement émouvants (le poignant Covered In Writing) et clôture le disque en conviant un nouvel invité. Seul morceau chanté des quatorze de Nightmare Ending, Happiness permet de confronter la voix d’Ira Kaplan (de Yo La Tengo) aux partitions de Matthew Cooper qui, pour accompagner le parlé-chanté, a opté pour des notes tenues très graves et une montée en puissance progressive et contenue ; de fait, celle-ci se déploie sur plus de huit minutes, voyant une couche de grésillements prendre de plus en plus d’importance tandis que la voix d’Ira Kaplan n’occupe qu’un quart du morceau.

Ainsi qu’indiqué en début de recension, c’était couru d’avance mais il est quand même bon de tenir une telle confirmation : Eluvium est très très haut dans notre panthéon personnel.

François Bousquet
le 28/08/2013

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