Altérité. Je est un autre

 date

du 05/06/2013 au 15/09/2013

 salle

Espace culturel Louis Vuitton,
Paris

 appréciation
 tags

Espace culturel Louis Vuitton / Francesca Woodman / Kader Attia

 liens

Espace culturel Louis Vuitton

 dans la même rubrique
du 01/07/2017 au 20/08/2017
Laurent Pernot : Pas de Rose pour l’Infini
(Passage Sainte-Croix)
du 18/05/2017 au 23/07/2017
Kaye Donachie : Sous les nuages de ses paupières
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 23/05/2017 au 01/07/2017
Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e (...)
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 21/04/2017 au 25/06/2017
Nina Canell : Dolphin Dandelion
(Crédac)

À mi-chemin entre questionnement sur l’intime et réflexion sur l’autre, Altérité. Je est un autre souhaite aborder ces interrogations en les croisant, dans une démarche plutôt séduisante de prime abord, d’autant plus que le commissaire, Hervé Mikaeloff, a convié des artistes opérant dans des médiums extrêmement divers.

JPEG - 9.3 ko
Kader Attia - Sculpture
(courtesy Espace culturel Louis Vuitton)

Ainsi trouve-t-on quelques épreuves autobiographiques, comme si, couché sur le papier, le corps de l’artiste devenait celui de quelqu’un d’autre. Il en est de la sorte avec les photographies de Francesca Woodman dans lesquelles la jeune femme capture des parcelles de son corps, saisies en gros plan ou décadrées, celles de Pierre Molinier (montages de corps de femme et de parties de son propre corps) ou bien celles de Tomoko Sawada où la Japonaise revêt des uniformes scolaires et se dédouble (soit une forme de double dédoublement : celui réalisé lors du travestissement plus celui effectué en juxtaposant son image jumelée). Autre exercice de superposition chez Kader Attia quand le Français recouvre un masque Dogon d’éclats de miroir ; disposée dans un espace sombre et très justement éclairée, l’œuvre brille et intrigue à la fois.

JPEG - 46.9 ko
Vue de l’exposition (oeuvres de Tal Mazliach)
(courtesy Espace culturel Louis Vuitton)

Les croisements de cultures (au sens anthropologique comme sociologique) font également partie de la série de dessins de Reza Hazare : d’origine afghane et vivant en Iran, l’artiste, rejeté par les deux pays, éprouve des difficultés à se situer ce dont témoignent ses dessins renvoyant à la vie des réfugiés politiques par le biais d’un personnage central à la figure double. Présente aussi dans ses réalisations, Tal Mazliach s’intègre dans ses grandes peintures aux couleurs présentes à l’excès, mouchetées comme l’est la peau de cette Israélienne atteinte d’une maladie très rare la couvrant de taches noires.

Plus physique encore, Leigh Bowery est connu pour avoir réalisé plusieurs performances dans les années 1980, marquant les night-clubs londoniens par ses apparitions costumées et excentriques. Une vidéo, des accessoires de scène et des photographies rendent hommage à ce performeur dont l’ambigüité du positionnement (pas tout à fait lui, pas complètement un autre) répond parfaitement à la démarche curatoriale de l’exposition.

François Bousquet
le 21/08/2013

À lire également

du 23/03/2012 au 20/05/2012
Autobiographies
(Espace culturel Louis)
du 05/05/2010 au 09/08/2010
Dreamlands
(Centre Pompidou)
du 01/02/2013 au 05/05/2013
Correspondances
(Espace culturel Louis)
du 12/10/2016 au 30/01/2017
Prix Marcel Duchamp (...)
(Centre Pompidou)