Yannick Dauby

Taî-Pak Thian San Piàn

(Kalerne / Internet)

 date de sortie

00/02/2012

 genre

Electronique

 style

Field Recordings

 appréciation

 tags

Field Recordings / Kalerne / Yannick Dauby

 liens

Yannick Dauby
Kalerne

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Yannick Dauby est français, mais il vit à Taiwan depuis 2007. Nous avons déjà parlé quelques fois de son travail, que ce soit à l’occasion d’un concert aux Instants Chavirés ou d’un projet collaboratif publié chez Prele. Mais c’est la première fois que l’on parle d’un album solo de Yannick Dauby qui publie son travail sur sa propre structure, Kalerne Editions.

Ce nouvel album du Français est entièrement consacré à Taipei où il vit actuellement, avec trois pièces de 18-20 minutes, trois visions de la ville composées respectivement en 2008, 2009 et 2011, répondant à différentes commandes.
De nombreux éléments sont présents sur l’ensemble du disque, bruit de circulation, sirènes, ambiance de rue, des gens qui marchent, parlent, mais aussi de nombreux bruits tirés de la nature à commencer par la pluie, des rivières, et bien sûr bon nombre d’insectes et oiseaux. On retrouve tout ceci sur la première pièce intitulée Nous, les défunts qui semble être consacrée à une fête des morts. Aussi musiques traditionnelles, chants, feux d’artifices et pétards occupent ici une place importante et apportent tout de suite une dimension plus "musicale" à ces field recordings.

Taipei 2030 est une projection de ce que pourrait être la ville dans 20 ans. Comme l’explique l’artiste dans ses notes, les sons que l’on aura dans 20 ans sont en fait déjà là. Il compose donc à partir de ses field recordings sa version du future de cette ville. L’accent est d’abord mis sur les ambiances urbaines avec le bruit de la circulation, un agent de police, une pluie forte, puis la foule. On imagine une population extrêmement dense, une fourmilière articulée autour des lignes de bus qui nous permettent aussi de nous éloigner, de retrouver la nature, de se ressourcer dans la quiétude d’un temple zen.

Le dernier volet est consacré aux Ketagalan, un peuple aborigène de Taiwan dont il ne reste plus que quelques traces dans le Taipei d’aujourd’hui, comme le Boulevard Ketagalan renommé ainsi en 1996. Mis à part quelques passages transitoires en métro, Ketagalan est logiquement plus porté sur les traditions et les vestiges de ce peuple. Chants, percussions, des voix qui semblent souvent être tirées d’émission télé ou radio, une personne qui coupe du bois. Loin du brouhaha urbain, cette pièce met l’accent sur la nature, bruissements et claquements, gazouillis et chants d’oiseaux.

Un bel album, témoignage de la vie d’une ville, voire hommage à un peuple.

Fabrice ALLARD
le 03/09/2013

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