Kutin

Ivory

(Valeot Records / Import)

 date de sortie

09/03/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Glitch / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Dirac / Field Recordings / Glitch / Kutin / Valeot Records

 liens

Valeot Records
Dirac

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C’est en 2007 que l’on vous parlait de Kutin, à l’occasion de la sortie de Menora, son dernier album solo jusqu’à aujourd’hui. Entre temps il a notamment travaillé au sein de son groupe Dirac avec deux albums publiés chez Spekk en 2009, et Valeot en 2010 chez qui on le retrouve aujourd’hui. En dehors de la production de disques, l’autrichien travaille pour des installations et il a participé à l’écriture de musique pour des films muets des archives autrichienne. C’est dans ce dernier cadre que Ivory a vu le jour.

Pour être franc, on ne se souvenait plus vraiment de Menora si ce n’est qu’on l’avait beaucoup aimé puisque chroniqué sur ces pages. Du coup on a l’impression de redécouvrir l’artiste à l’écoute des premières notes de Elsewhere et on est tout de suite conquis par ses notes/nappes fragiles et scintillantes de guitare. De la six corde il ne reste souvent pas grand chose puisque celle-ci est traitée en live par un laptop, mais quand celui-ci se met à lancer des textures grésillantes on ne peut s’empêcher de penser à Fennesz.

La similitude est frappante et très régulière tout au long de l’album, ce qui pourra paraître un peu suspect. Heureusement, si le son est très proche, la musique reste tout de même assez différente et notamment plus ambient, avec toujours une petite chose en plus. Sur Elsewhere ce sont des field recordings d’oiseaux et chants d’enfants, classique certes, mais parfaitement adapté au son de ce premier titre, nous transportant "elsewhere", dans une sorte de jardin paradisiaque, irréel.
Sur White Desert c’est un claquement régulier qui fait office de rythmique tandis que des déchirements granuleux rendent la production électronique et glitchy. Et quand des nappes flottantes font leur apparition pour une plus grande douceur, c’est un effet de syncope / hachage qui vient rompre la quiétude. Il y a aussi l’intervention d’instruments et musiciens externes qui permet de rendre le son plus personnel, avec notamment la participation de Matija Schellander à la contrebasse sur After the Plague.

On ne peut pas ne pas évoquer les deux derniers titre de l’album qui se démarquent de par leur durée, permettant un développement plus important. Deux morceaux et deux approches bien différentes puisque le premier (Sombre) fait la part belle au piano et field recordings. Il se fait du coup très imagé et on l’imagine parfaitement coller aux séquences d’un film muet. Sur Lonesome Monster, Peter Kutin opte pour un certain minimalisme. Des nappes qui semblent provenir d’un orgue évoluent et se prolongent à l’infini.

Un superbe album d’une ambient lumineuse.

Fabrice ALLARD
le 05/09/2013

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