Felice Varini : Suite d’Éclats

 date

du 28/06/2013 au 01/09/2013

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

Ange Leccia / Daniel Buren / Felice Varini / François Morellet / HAB Galerie / Huang Yong Ping / Jimmie Durham / Lilian Bourgeat / Roman Signer / Tatzu Nishi

 liens

HAB Galerie

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Lilian Bourgeat - Mètre à Ruban

Pour prolonger la réussite d’Estuaire, manifestation destinée à faire redécouvrir le fleuve, de Nantes à Saint-Nazaire, par l’intermédiaire d’œuvres installées sur les rives, Le Voyage à Nantes a été créé l’an passé. Dans la lignée de ces propositions municipales conduisant à la mise en place (plus ou moins temporaire) de créations contemporaines dans l’espace public, ce rendez-vous annuel compte plusieurs déclinaisons : œuvres disséminées dans la ville, expositions en institutions, ouverture éphémère de lieux non accessibles d’ordinaire, etc… Du parcours urbain, on retiendra le mètre-ruban géant de Lilian Bourgeat, placé dans la cour du siège d’un promoteur immobilier, le visage de Laetitia Casta apparaissant, spectral, une fois la nuit tombée dans le canal Saint-Felix (création d’Ange Leccia), l’arc de cercle en néon de François Morellet se reflétant dans la Loire ou encore les personnages d’Isaac Cordal, placés dans les douves du Château des Ducs de Bretagne, répartis dans des cages à lapins ou sur des pièges à souris au Temple du Goût.

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Erwin Wurm - Misconceivable

Grâce à la descente du fleuve en bateau, on put apprécier les anneaux de Daniel Buren longeant le quai des Antilles, le pendule de Roman Signer scandant le temps et la déchéance d’une centrale à béton à Trentemoult, le bateau cherchant à s’échapper du canal de la Martinière d’Erwin Wurm, le serpent de mer d’Huang Yong Ping, juste après le pont de Saint-Nazaire, le tuyau rouge de Jimmie Durham, serpentant sur un ponton à Indre, La Maison dans la Loire, bâtisse en partie immergée de Jean-Luc Courcoult et la Villa Cheminée de Tatzu Nishi, juchée sur une cheminée rouge et blanche à Cordemais.

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Felice Varini - Cinq cercles concentriques, noir
(courtesy HAB Galerie)

Au-delà de ces déambulations extérieures, on prit le temps de se rendre à la HAB Galerie, le lieu d’exposition du Hangar à Bananes, pour y retrouver Felice Varini et sa Suite d’Éclats, soit une forme de rétrospective de son travail même si ce terme est forcément un peu galvaudé, puisque toute réactivation de ses créations est nécessairement différente de la précédente. De fait, l’Italien confectionne toujours ses œuvres in situ et celles-ci sont inévitablement fonction du bâtiment ou de l’espace extérieur qui les accueillent. Dans ce contexte, et même en connaissant déjà son travail (voire en en distinguant les coutures), on reste saisi par le caractère impressionnant des anamorphoses, la précision du travail et de la mise en espace. Plus encore, une fois qu’a été trouvé le point exact grâce auquel ces formes en perspective apparaissent, on peut se laisser aller à regarder le plafond, en dehors de toute œuvre. Même cette contemplation peut alors s’avérer intéressante par le mélange, en dehors de toute finalité géométrique, d’un morceau noir, d’une courbe bleue et d’un triangle rouge.

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Felice Varini - 3 carrés noirs
(courtesy HAB Galerie)

L’aspect ludico-pédagogique de la vingtaine de compositions disposées dans la HAB Galerie conduit donc chacun à rechercher le meilleur angle, les enfants à courir partout et à se montrer émerveillés de leurs découvertes et les visiteurs à se prendre en photo « au milieu » des œuvres. À ce titre, la scénographie, pleine de recoins et de cloisons ajourées, favorise cet effet de surprise : une ellipse apparaît au détour d’un coin, on part alors en quête du reste de l’assemblage mais, en chemin, un autre se dévoile, et ainsi de suite… Merveilles de rigueur technique (combinant parfois vision « directe » et vision par le biais d’un miroir), les œuvres de Felice Varini magnifient donc l’espace et trouvent avec ce large lieu un impeccable terrain d’expression.

François Bousquet
le 14/09/2013

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