Festival Capitales Sonores 2004 : Kasper T. Toeplitz - Lappetites

 date du concert

24/01/2004

 salle

Les Voûtes,
Paris

 tags

AGF / Eliane Radigue / Festival Capitales Sonores 2004 / Kaffe Matthews / Kasper T. Toeplitz / Lappetites / Les Voûtes / Ryo Co

 liens

Kaffe Matthews
Lappetites
Eliane Radigue
AGF
Kasper T. Toeplitz
Les Voûtes

La Gaîté Lyrique qui propose depuis quelques mois des événements hors les murs était derrière ce festival Capitales Sonores, en partenariat avec le CCMIX (Centre de Création Musicale Iannis Xenakis). Celui-ci s’étalait sur trois jours, avec pour commencer une soirée plus orientée vers la recherche électroacoustique : concert de Kasper T. Toeplitz, interprétation d’une oeuvre de Xenakis, etc...
Pour cette deuxième soirée, c’est Eliane Radigue qui était à l’honneur puisque l’une de ses pièces intitulée Elemental II allait être interprétée par les Lappetites dans un premier temps, puis par Kasper T. Toeplitz.

Pour ouvrir la soirée, nous avions droit à plusieurs concerts d’anciens élèves du CCMIX globalement intéressants et fin, tendance ambient électroacoustique, même si tout n’était pas totalement convaincant.
C’est un peu après 21h que prennent place les Lappetites, nouvelle formation composée d’Eliane Radigue, AGF, Kaffe Matthews et Ryoko Kuwajima. Ce soir Eliane Radigue n’est pas sur scène, mais elle fait toutefois partie du groupe en temps que compositrice de l’oeuvre interprétée par ses trois nouvelles collaboratrices. Elemental II est une création mondiale commandée par Kasper T. Toeplitz est en quelque sorte une suite à Elemental, une autre pièce d’Eliane Radigue datant de 1968. Celle-ci tente de mettre en scène les cinq éléments (4 éléments terrestre auquel s’ajoute l’espace) en essayant de faire abstraction de toute référence culturelle ou spirituelle. On se retrouve alors avec une longue pièce ambient au sein de laquelle apparaîtront ces éléments. Les Lappetites en feront le tour en une grosse demi-heure continue mais dans laquelle on retrouvera 5 partie d’environ 7 minutes. Par contre il nous sera difficile de reconnaître chacun de ces éléments. On devinera la Terre pour commencer avec un son a mi-chemin entre le souffle et le drone, une longue nappe grave aux oscillations rapides. Peut-être est-ce l’Eau qui faisait suite avec ses tonalités pures, comme lorsque l’on passe son doigt sur une verre en cristal plus ou moins rempli d’eau justement. Les longues notes font penser à l’écoulement du liquide mais ces sifflements pourraient aussi bien évoquer l’air et sa façon de glisser, flotter, s’immiscer partout. On l’associera toutefois à la troisième partie avec un souffle aigu évoluant lentement vers une tonalité plus grave annonciatrice de l’élévation vers l’espace. Pas de doute sur la quatrième partie dont les craquements évoquent très clairement le Feu et, suivant le chemin de la fumée, on s’élève pour quitter la Terre et finir dans l’Espace avec un souffle grave, sombre et glacé.
Venant à se festival sans avoir trop étudier le programme, on ne s’attendait pas à voir les Lappetites interpréter une oeuvre d’Eliane Radigue. Petite déception alors qu’on aurait aimé découvrir un travail plus personnel entre ces quatre artistes, mais grand contentement en découvrant cette nouvelle oeuvre d’Eliane Radigue, élève comme Pierre Henry de Pierre Schaeffer et que l’on connaissait pour des pièces plus proche de la musique concrète.

Même pièce ensuite, interprétée cette fois par Kasper T. Toeplitz, seul sur scène avec une basse à cinq cordes, et un laptop qu’il ne touchera pas. On restera un peu déconcerté par le début de sa prestation, créant une sorte de souffle grave mais au niveau sonore très faible, dont on aura du coup du mal à discerner les variations. Le fait de le voir taper à divers endroits de son instruments sans percevoir le moindre changement au niveau musical nous laissera en effet quelque peu perplexe. Pour chacune des cinq parties de cette pièce, le musicien adoptait une technique particulière pour produire le son désiré. Il enchaîna donc avec un e-bow pour des superpositions et croisements de tonalités pures et ondulantes, une sorte d’éponge à récurer métallique qu’il manipulait sur une petite plaque de carton coincée entre les cordes de sa basse pour reproduire les crépitements du feu, puis des slides (tubes métalliques) qu’il faisait glisser le long des cordes de sa basse produisant quelques glissandos légèrement grinçants, et pour finir un archet pour créer une superbe mélodie, aussi inquiétante qu’inattendue, et qui releva très nettement notre impression générale après ses 50 minutes en apesanteur.

Fabrice ALLARD
le 07/02/2004

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