Control / Thorofon / La NomenKlaTur

 date du concert

28/09/2013

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Au-delà du Silence / Cent Ans de Solitude / Petit Bain

 liens

Petit Bain
Au-delà du Silence
Cent Ans de Solitude

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Orages mécaniques, le septième cycle des soirées Kosmo Kino Plaza, organisées par l’association Au-delà du Silence, convoque une des faces les plus extrêmes des musiques industrielles et convie La NomenKlaTur, Thorofon et Control. Après un cycle V hautement mémorable et plus axé sur le dark ambient, celui-ci annonce une soirée de sacrifices auditifs sur l’autel du power electronics.

Le premier duo à entrer en scène se compose de Philippe Escartin (Minamata) et Jean-Yves Millet (Cent Ans de Solitude) et prend le nom de La NomenKlaTur. Actif depuis 1986, le groupe revient après 15 ans d’absence et avec un projet, World at War, traitant de la forme la plus actuelle du désenchantement du monde. En terme sonore, point de matraquage, la violence vient davantage de l’épaisseur des couches de noise et du spoken-word version harsh de Escartin. Mais les éléments rythmiques ne sont pas pour autant en reste. Comme lorsqu’il se produit en solo, Cent Ans de Solitude utilise comme instruments une batterie d’éléments plus ou moins rouillés. Plaques de métal sur tréteaux, bidons de plastiques, boucliers en fer ou marteaux de deux mètres de long, tout est bon pour alimenter l’ouragan magnétique. Avec un bidon métallique de 200 litres en bandoulière, l’homme parcourt le public, tambourinant sur l’objet. Les nappes évocatrices qui surplombent les bourrasques insufflent narration et densité à la prestation des deux français.

Second duo, Thorofon, allie Anton Knilpert et Geneviève Pasquier. Costume et robe blanche, cheveux rouges et lunettes noires, les deux assument une dimension légèrement surannée qui se retrouve dans leur musique. Mélange de minimal wave, de power electronics et d’un soupçon d’EBM, leur univers fait nettement référence à une époque définie de la musique industrielle, celle de Throbing Gristle et de Cabaret Voltaire. Scandé comme des mantras, les paroles renforcent – et parfois alourdissent - la dimension répétitive et le groove métallique. Entre secousses hypnotiques et ondulations analogiques, les allemands signent un live convaincant. Ce n’est pas la part du public qui pogota allègrement qui dira le contraire.

Enfin Control, qui joue ce soir dans le cadre d’une tournée européenne, livrera sans conteste la prestation la plus intransigeante et la plus dure. Suite à une introduction fameuse, faite de drones criblés d’interférences, la puissance effarante du projet de Thomas Garrison se déploie dans son entièreté. Control opère une jonction entre du power noise et un dark ambient plus que toxique. Son attitude vampirique, hurlant des vocaux sur-filtrés, associée aux blocs de sons d’une compacité proche du solide, laisse difficilement indemne. Sans forcément déclencher musicalement l’adhésion totale, le rendu intrigue, questionne et incarne à la perfection le thème des orages mécaniques de la soirée.

Manon Torres
le 02/10/2013

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