Postcoitum / Jean Ray

 date du concert

11/10/2012

 salle

Cantine de Belleville,
Paris

 tags

Cantine de Belleville / En veux-tu ? En v’là ! / Jean Ray / Postcoïtum

 liens

En veux-tu ? En v’là !
Postcoïtum
Jean Ray

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On n’avait jamais parlé de la Cantine de Belleville avant cette année, et voici le troisième article d’un concert se déroulant dans ce bar-resto qui comme beaucoup d’autres met sa cave à disposition pour des concerts. Ce n’est sûrement pas un hasard si ces trois déplacements à La Cantine se sont faits pour des concerts organisés par En veux-tu ? En v’là ! qui a trouvé là son principal point d’ancrage.
C’est le concert de Postcoïtum qui nous menait du côté de Belleville en ce vendredi soir, duo que l’on découvrait en live au festival Mo’Fo en début d’année.

Ce n’est que vers 21h30 que débute la première partie assurée par Jean Ray, le local de la soirée, seul au laptop. On fut agréablement surpris par cette entrée en matière, avec une musique électronique lorgnant vers l’expérimentation, combinant une approche ambient et des rythmiques minimales. Le premier morceau était avant tout consacré au développement de nappes sonores, synthétiques, flottantes, bouillonnantes, à la fois posées et instables, fragiles. Une pure ambient qui évolue tout doucement vers des sons plus arides et des boucles rythmiques dépouillées, minimalistes, accompagnées par exemple de pulsations de basses et autres bruitages bruts, quelque part entre glitchs électroniques et connotations industrielles.
Un concert d’une vingtaine de minutes, donc plutôt court mais une excellente surprise en guise de mise en bouche.

On enchaîne avec Postcoïtum dont nous nous apprêtions à découvrir Himera en live, leur album sorti mi-septembre. Le duo prend place sur scène vers 22h dans une configuration semblable à celle adoptée à Mains d’Oeuvres avec Bertrand aux machines et Damien à la batterie.
L’introduction du concert, et de l’ensemble des morceaux en général, est l’occasion d’expérimenter, de jouer sur des sonorités et créer des ambiances. Les machines jouent ici un rôle important tandis que le rythme monte progressivement. On a l’impression d’un duel, d’une phase d’observation, jusqu’à ce que machines et batterie ne se livrent un combat sans merci, aux synthés bruts, puissants et aux percussions claquantes. Encore plus étonnant, le morceau suivant (Volta) débute par des grincements de cymbales et une mélodie abstraite de flûte jouée en live par Bertrand. Le duo semble emprunter aux codes des musiques électroniques (montée de basses métronomiques) et au post-rock (technique et jeu joliment alambiqué de batterie), tout en apportant un soin particulier aux sonorités. Les mélodies qui sortent ici des synthés sonnent comme des plaintes, des cris, un archet sur des cordes. En fait les machines se font oublier tellement Bertrand en tire un magma organique et énergique.
Et puis petit à petit c’est une bonne dose d’humour qui émanera de ce concert. Une cascade de percussions, un scrouitchhhhh sorti du clavier, des bruits impromptus d’animaux sont autant d’éléments décalés qui, ajoutés aux mimes et mimiques des deux musiciens détendent l’atmosphère et créent une proximité, un échange entre les artistes et le public. Petit à petit le tempo semble monter, les rythmiques se faire plus appuyées, marquées par des basses profondes sur quelques morceaux franchement dansants qui termineront le concert. Au bout d’une heure c’est bouclé, mais le public ne se laissera pas faire et réclamera un rappel apprécié mais d’une approche assez différente, plus rock, plus fracassé, déchainé.
En janvier, on découvrait le duo. Neuf mois plus tard Postcoïtum fait preuve d’une belle évolution, le projet semble être arrivé à maturité. Le concert se déroule naturellement, la musique est indéniablement de qualité, et le duo dégage une belle énergie.

La tête d’affiche (si on peut utiliser ce terme sur ce type de groupe) était une formation allemande du nom de Gentle Veincut. On ne s’étendra pas sur le sujet ici puisqu’il s’agissait d’une formation au rock assez lourd, au chant scandé que l’on abandonnera après deux titres.

Fabrice ALLARD
le 15/10/2013

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