Anna Von Hausswolff / VS

 date du concert

14/10/2013

 salle

Flèche d’Or,
Paris

 tags

Anna Von Hausswolff / Flèche d’Or

 liens

Flèche d’Or
Anna Von Hausswolff

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Affluence juste moyenne quand on arrive à la Flèche d’Or en ce lundi soir, pile au moment où Blackthread jouait sa dernière note. Dommage car on avait plutôt un bon souvenir de son concert à l’Espace B il y a quatre ans. Parions que ce n’est que partie remise et que nous pourrons bientôt recroiser la route du Lyonnais.

Le temps de changer de plateau, c’est VS, quintet français qui prit la suite. Si leur morceau introductif put générer quelques espoirs (violon contre guitare à l’archet, nappes de synthé pour un post-rock très classique mais pourquoi pas), le reste nous fit rapidement déchanter. Musicalement, le groupe se perdit en effet dans une musique héroïque (soli de batterie, nombreux effets, guitares saturées), surlignée par un chant nasillo-geignard au possible. Le pire étant atteint avec l’attitude de certaines composantes de la formation française : chanteur aux dreads filasses forçant les poses dramaturgiques, batteur haranguant la foule (invitée à taper dans les mains tous les deux titres ou bien à réagir à chaque fois qu’il tendait sa baguette vers le plafond) et groupe trop content de lui-même dans l’ensemble. Face à un public très réceptif (un parterre d’adeptes était à leurs pieds, qui fondit comme neige au soleil une fois leur set terminé), les membres de VS limitèrent la chose à une trentaine de minutes bien suffisantes à nous convaincre de les éviter à l’avenir.

Nonobstant la maigre assistance autour de 22h30, c’était bien Anna Von Hausswolff qui constituait la tête d’affiche de la soirée. Sœur du musicien Carl Michael Von Hausswolff (évoqué sur ces pages pour ses sorties sur Touch ou Feld Records), la jeune femme fit montre d’une ambition certaine dans sa proposition. Assise derrière un orgue, elle posait sa voix tandis que ses compères (deux guitaristes, une batterie, un clavier) délivraient un accompagnement très présent. Au total, l’ensemble put alors sonner un rien grandiloquent : voix haut perchée, affublée de réverbération et d’écho, jeux de lumière incessants (faisceau traversant la scène puis allant sur le public), morceaux étirés et instrumentation idoine (guitare à l’e-bow accentuant délibérément l’aspect aériano-psyché, superposition d’accords d’orgue et de synthé, atmosphère tirant vers le mysticisme). Mais ce qui frappa également, en positif pour le coup, était la manière dont la voix de la Suédoise était utilisée : assurément, il y avait matière à mettre celle-ci en avant, à en faire la pierre angulaire de ses compositions en la rendant omniprésente ; à l’inverse, elle n’intervint en réalité que de manière sporadique, préférant l’épanchement instrumental comme matrice et la collaboration équilibrée comme mode de fonctionnement.

François Bousquet
le 17/10/2013