Mark Cohen : Dark Knees

 date

du 27/09/2013 au 08/12/2013

 salle

Le Bal,
Paris

 appréciation
 tags

Le Bal / Mark Cohen

 liens

Le Bal

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Girl Holding Blackberries

Sans connaître jusqu’à présent son travail, on aurait pu imaginer que Mark Cohen n’était qu’un artiste de plus dans la longue lignée des street photographists, ces preneurs d’images états-uniens qui se sont fait fort de saisir la réalité de leur pays : clichés pris sur le vif, âpreté, tension et vision sans fard des difficiles conditions de vie des classes moyenne et populaire. Si les thématiques abordées par le photographe ressortissent effectivement à cette catégorie, son traitement lui permet de développer un point de vue un peu autre. Ainsi ses cadrages au niveau du buste, éludant régulièrement tête et pieds de ses sujets, favorisent-ils une anonymisation des êtres et, partant, une forme d’universalisme de son propos. La découpe générée par ce cadrage est, de surcroît, accentuée par l’encadrement, avec ses larges passe-partout blancs au-dessus et en-dessous des photos. Par moments, surgit une tache de couleur (qu’il s’agisse du tissu d’une robe, de l’étoffe d’un foulard ou même du bois peint d’une palissade), faisant alors ressortir encore davantage la blancheur maladive ou la noirceur de crasse des peaux.

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Vue de l’exposition

Chargé de documenter une réalité brute (à ce titre, les intitulés se contentent de décrire, de manière quasi-clinique, ce qui est montré, sans fioritures autres), Mark Cohen trouve à l’évidence, donc, quelques échos avec plusieurs autres photographes intervenant dans ces mêmes contrées, notamment dans son approche du noir et blanc ou dans l’intégration d’ombres portées dans le champ de son appareil. Précisément, c’est une série en noir et blanc qui est présentée au sous-sol du Bal, autres vues de Wilkes-Barre, ville de Philadelphie où il vit, dans un accrochage en frise probablement moins pertinent que celui du rez-de-chaussée, car trop uniformisant. Néanmoins, l’inscription à la main, façon graffiti, des titres des épreuves, eux aussi en frise, tisse un lien intéressant avec la rue, avec une certaine spontanéité et urgence, sources naturelles du travail de Cohen.

François Bousquet
le 30/11/2013

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