La Vie Matérielle

 date

du 06/09/2013 au 02/11/2013

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Lily Reynaud-Dewar

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Petite polémique cette année autour du Prix Fondation d’Entreprise Ricard puisque la sélection de Yann Chateigné accueillait en ses rangs Lily Reynaud-Dewar, déjà sélectionnée en 2008 lors même que le règlement du Prix prévoit qu’un même artiste ne peut concourir qu’une fois pour cette récompense. Quelques-uns se sont donc offusqués de la présence de la jeune Française (d’autant plus qu’elle se vit décerner le Prix… à l’usure, diront les mêmes) mais, au vu de l’exposition, il fallut reconnaître qu’elle permettait de relever un niveau d’ensemble plutôt faible car trop proche de ce qu’on peut voir par ailleurs chez les jeunes créateurs.

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Vue de l’exposition

Ainsi, la proposition de Caroline Mesquita (ensemble en acier, structurant l’espace, longeant le sol et délimitant, de manière assez légère, des volumes) se fait très commune, de même que les modules de Chloé Quenum ou l’utilisation par Stéphane Barbier Bouvet de rideaux et plaques d’acier, transformés en voilages séparant les salles, en chaises ou en poubelles. Passées les têtes en bronze d’Alexandre Singh, on rejoint la dernière salle dans laquelle se trouvent des vestiges de performances ayant eu lieu le soir du vernissage mais qui ne dépassent pas le stade de témoignage : traces au mur, façon wall drawings rapidement effectués, réalisées par Alex Cecchetti avec des pêches et mûres ainsi qu’une installation foutraque de Benjamin Valenza.

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Vue de l’exposition

Restent donc les interventions de Jonathan Binet et, donc, de Lily Reynaud-Dewar. Le premier dispose plusieurs châssis sur la cimaise, trace une ligne au crayon sur cette dernière et entreprend de découper quelques toiles et une partie de la cloison à la scie circulaire : travail sur le lieu d’exposition, dépassement de la simple structure formée par la toile, mise en place d’une sorte de work in progress et liberté du trait sont ainsi convoqués par cet artiste qu’on avait pu apprécier au Salon de Montrouge en 2011. Ayant délaissé les paravents qu’on avait pu voir en 2008 (aussi bien ici même qu’au FRAC Aquitaine quelques mois auparavant), Lily Reynaud-Dewar a enrichi un peu son propos, combinant cette fois-ci planches de bois recouvertes de tissus à fleurs partiellement délavés à la javel et un lit pour une personne. Affublé en sa partie inférieure d’une fontaine rejetant de l’encre noire, ce couchage inverse, de la sorte, le dispositif rencontré en maison de retraite : plutôt qu’un bassin de lit qui recueille les humeurs corporelles, la fontaine crache une encre noire, comme de la bile, fonctionnant alors en antiphrase avec l’intitulé de l’œuvre : I am intact and I don’t care.

François Bousquet
le 04/11/2013

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