Petrit Halilaj : Poisoned by Men in Need of Some Love

 date

du 07/09/2013 au 05/01/2014

 salle

Wiels,
Bruxelles

 appréciation
 tags

Petrit Halilaj / Wiels

 liens

Wiels

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Totalement ignoré des circuits habituels de la création contemporaine, le Kosovo n’en connaît pas moins une scène locale dont l’un des membres, Petrit Halilaj est accueilli cet automne au Wiels. Occupant un étage entier du bâtiment bruxellois, le jeune homme y propose une exposition centrée sur la réouverture des entrepôts du Museum d’histoire naturelle de Pristina (la capitale kosovare). Tombé en désuétude après la chute du communisme, définitivement fermé en 2001 pour laisser place à des pièces du patrimoine folklorique, le musée a vu ses collections (1 800 animaux empaillés) être disposées dans des caisses en bois et gardées tant bien que mal, dans des conditions très peu propices à une bonne conservation. Il y a quelques années, Halilaj eut alors l’envie de procéder à l’ouverture de ces caisses, afin de rendre compte de ce désastre, et, dans le même temps, de recréer une cinquantaine de pièces taxidermistes, à base d’un mélange de terre et d’excréments animaliers.

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Vue de l’exposition

Dans les salles du Wiels, on retrouve donc ces répliques échelle 1, réalisées à partir de photographies des animaux empaillés « originaux » : oiseaux divers, sanglier, ours, canards, poissons… Doublement capturés (le matériau noir s’ajoutant au mécanisme de taxidermie), ils semblent comme sortis d’une sorte de gangue épaisse, entre lave et liquide amniotique, prêts à être découverts par les visiteurs qui naviguent, un peu perturbés, au milieu de ces animaux à l’étrange figure. Structuré par quelques tuteurs et cimaises dorées, l’espace d’exposition donne également à voir quelques-unes des caisses en bois ayant servi à conserver les pièces du Museum, tandis qu’une composition vidéo documente l’ouverture des boîtes et témoigne de la stupeur de Petrit Halilaj.

S’il nous arrive de regretter qu’une exposition, même composée d’œuvres probantes, manque de profondeur scientifique, il ne saurait en être de même ici. Pour autant, on pourrait inverser la dialectique et estimer que Poisoned by Men in Need of Some Love se fait certes particulièrement pertinent en tant qu’objet mémoriel et critique, mais que la présentation se limite un peu à cela, ne générant qu’une émotion ou un intérêt très distanciés.

François Bousquet
le 10/12/2013

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