Daniel Dewar & Grégory Gicquel : Le Hall

 date

du 25/09/2013 au 06/01/2014

 salle

Centre Pompidou, Espace 315,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou, Espace 315 / Daniel Dewar et Grégory Gicquel

 liens

Centre Pompidou, Espace 315

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L’exposition offerte chaque année par l’Espace 315 du Centre Pompidou aux lauréats du Prix Marcel-Duchamp s’avère toujours un exercice délicat. En effet, nécessitant d’être conçue en quelques mois seulement, elle sert souvent (et pas forcément pour le meilleur, cf les propositions de Saâdane Afif ou Laurent Grasso) à accueillir un projet particulier, vu comme un exercice de style par le plasticien. En revanche, quand l’artiste opte pour une mini-monographie, davantage dans la lignée de ses créations précédentes, on se trouve plutôt séduit (Tatiana Trouvé ou Mircea Cantor, l’an passé, dont on réalise avoir inexplicablement oublié de rendre compte sur ces pages). Compte tenu de l’actualité (très) chargée de Daniel Dewar et Grégory Gicquel (le Palais de Tokyo mettait à leur disposition un espace au printemps dernier), on pouvait imaginer que le duo préférât la seconde des voies précédemment citées.

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Vue de l’exposition

En réalité, les deux Français font le choix de jouer sur le volume et la configuration du lieu. Tout en longueur, l’Espace 315 leur offre ainsi la possibilité de proposer des œuvres monumentales, rassemblées sous le titre générique et de bon aloi du Hall. Limitées à trois créations, leur exposition présente tout d’abord une sculpture en chêne d’un homme, d’un géant plutôt eu égard à sa taille ; comme souvent, Dewar et Gicquel font mine d’avoir taillé la sculpture à même le matériau, laissant même quelques morceaux bruts, non ciselés. Sur les longueurs de la salle se trouvent accrochées, d’un côté, une tapisserie de laine et, de l’autre, une peinture sur soie. Tandis que la seconde s’attache à un monde subaquatique, la première se divise en quatre parties, figurant un chien, une paire de chaussures, une langouste et une robe de chambre. La précision des techniques de représentation s’oppose alors au gigantisme des dimensions de ces deux œuvres qui convoquent à nouveau les idées d’hybridation chères au duo.

En mai dernier, on se demandait si Jus d’Orange, leur exposition au Palais de Tokyo, devait être perçue comme un prélude à celle de l’Espace 315. Au sortir de cette dernière, la question pourrait être à nouveau posée, Le Hall pouvant apparaître comme une préfiguration de quelque chose à venir. Si la brièveté de ces deux propositions peut frustrer le visiteur, leur mise bout à bout se révèle être plus conséquente et s’inscrit assurément dans une logique de carrière de Dewar & Gicquel.

François Bousquet
le 03/01/2014

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