Thisquietarmy / Phil Maggi / Shazzula

 date du concert

15/11/2013

 salle

An Vert,
Liège

 tags

An Vert / Phil Maggi / thisquietarmy

 liens

thisquietarmy
Phil Maggi

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Nous n’aurions, à l’instar de la petite cinquantaine de personnes ayant fait le déplacement, pas voulu manquer l’étape liégeoise de la tournée de Thisquietarmy. Un périple européen ample, comportant une trentaine de dates en à peine plus de jours, le Canadien sillonnant le vieux continent seul, en voiture de location ; un savoureux modèle de DIY complet ! Il n’oublia pas d’emporter ses bébés avec lui, ce qui nous permit de compléter d’un coup notre discothèque le concernant. La soirée avait lieu à l’An Vert, sympathique lieu alternatif quelque peu similaire aux Instants Chavirés.

On commença avec le régional de l’étape, Phil Maggi, dont on peut lire dans ces pages tout le bien que nous pensons de ses deux albums. La proposition du Liégeois fut ce soir différente de ceux-ci et semblable à celle qu’il offrit dans la capitale lors du Brussels Electronic Arts Festival, chroniqué par ailleurs. Sur de lentes images en noir et blanc, le plus souvent abstraites, prend place une longue pièce unique faite de craquements évoquant les crépitements d’un feu dans l’âtre ainsi qu’une pluie d’automne persistante, bien de circonstance. Le tout se posait sur un ample drone agrémenté de nappes assez inquiétantes en surplomb, avant que surgisse à mi-course un surprenant semblant de mélodie que l’on qualifia de cool funk. Depuis le public où il a pris place, la scène restant vide, Phil agence et déploie ses sons avec conviction, terminant - alors que la couleur s’est emparée des images, suggérant la sortie d’un tunnel vers l’air libre - par une montée aiguë implacable assortie d’une mélopée onirique. De notre point de vue, ce fut une belle réussite.

C’est alors Shazzula qui s’installe en tailleur à même le sol parmi ses instruments, ses longs cheveux lui masquant le visage. On ne connaissait rien de cette artiste dont, partant, le propos nous prend par surprise. Un roulis très calme s’empare de l’espace et, précisément, les textures se font très spatiales, sur des projections de nouveau en noir et blanc, spectrales et fantômatiques. Ces discrètes trépidations veloutées tiennent lieu de bande son d’un trou noir, à écouter les yeux fermés. Ayant rapidement trouvé cela plutôt plaisant, nous avons bien dû nous apercevoir que, tout de même, le propos se montre peu évolutif et pour tout dire un brin ennuyeux : selon une formule consacrée, "il ne se passe pas grand chose", alors que densité et variations subtiles nous semblent les maîtres mots d’une formule sonore réussie. Aux meilleurs moments, c’est agréablement mi-reposant mi-oppressant, mais le set se révèle clairement trop long pour une (deuxième !) première partie - 55 minutes - et, du coup, lassant.

Le sympathique Eric Quach en fera les frais : l’heure avancée (et, peut-être, son enthousiasme émoussé) le conduira à ne délivrer qu’un set de 40 minutes, ce qui nous semble bien trop court pour une tête d’affiche de ce calibre, dont l’amplitude de la discographie témoigne de la richesse d’inspiration. Après une courte improvisation ambient, le natif de Montréal déploie deux longues pièces, l’une extraite de Vessels - à notre avis l’un de ses travaux les plus recommandables, avec le superbe Aftermath - et l’autre du split album qu’il a partagé avec Year Of No Light. Subtilement progressif, le climat se fait véritablement bluffant lorsque tout se met implacablement en place, guitare éthérée et drone sourd qui occupe si puissamment l’espace. Le Canadien n’hésite pas à se faire plus nerveux et rageur que sur disque, dont toutefois le dernier en date Hex Mountains emprunte également cette orientation. Impressionnante, délicieusement oppressante grâce notamment à des déflagrations millimétrées, l’ambient-drone qui fait la marque de fabrique de Thisquietarmy se fait envoûtante et aussi subtilement enivrante que les nombreuses bières spéciales proposées en ce lieu. Un set impeccable et percutant, mais malheureusement trop court ; on en aurait redemandé, et on n’a de cesse de poursuivre par l’écoute domestique de disques qui sont tous à conseiller.

Gilles Genicot
le 20/11/2013

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