Imitationofdeath

 auteur

Gianni Forte

 metteur en scène

Stefano Ricci

 date

du 14/11/2013 au 01/12/2013

 salle

MC93,
Bobigny

 appréciation
 tags

Gianni Forte / MC93

 liens

MC93

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Entre théâtre, danse et geste performatif, plusieurs créateurs ambitionnent de redéfinir leur relation au plateau, pariant sur une écriture se faisant principalement sur scène, travaillant largement sur l’improvisation et n’hésitant pas à violenter le spectateur par les images montrées et les propos tenus. Comptant parmi ces artistes, Gianni Forte et Stefano Ricci collaborent ensemble depuis 2006, mais ce n’est qu’en cet automne qu’on découvrait une de leurs productions, hébergée pour deux grosses semaines à la MC93 de Bobigny.

Comme souvent avec ce type de proposition, les interprètes sont déjà sur le plateau quand le (maigre) public s’installe : allongés sur le dos, tenant un sac en papier au-dessus de leur bouche, ils respirent dedans comme s’il s’agissait de passer de vie à trépas pour basculer dans une sorte de purgatoire, lieu d’expression du spectacle. Par la suite, on assiste à une enfilade de très courts monologues au micro et de saynètes dont quelques-unes restent assurément en mémoire, notamment quand les corps se mêlent dans un effet masse (quand ils enlèvent progressivement les chaussures de leurs congénères, lorsqu’ils portent l’un des leurs de mains en mains tel une star de cinéma adulée par ses fans ou bien au moment où des acrobaties font de l’ensemble une sorte de mille-pattes humain).

Ainsi qu’on pouvait l’imaginer, un indéniable caractère inégal résulte de cet agencement, fait de passages tape-à-l’œil, d’inévitables moments où les interprètes se dénudent (pour, au lieu de se tenir par le bout du nez, se tenir par le bout du sexe), de présence de chansons en support (Pink Floyd, Muse) et de quelques temps plus creux. Sur un plateau plus ou moins constellé d’objets divers, tirés de grands sacs en plastique, la petite vingtaine de comédiens fait montre d’une belle énergie, un rien trop appuyée parfois néanmoins (quand il leur est demandé de respirer bruyamment, de sorte que le spectateur se rende bien compte de l’effort physique fourni).

À la différence d’autres créateurs auxquels leur proposition fait penser (Rodrigo García évidemment, en premier lieu), les Ricci/Forte optent toutefois pour un plateau moins chargé, mais également pour un propos moins directement et ouvertement politique. Point d’aphorismes pour dénoncer le capitalisme ou la dictature des marques ici, mais plutôt une digression sur ce qu’il reste de chacun quand il bascule dans la mort : quelques souvenirs d’expériences personnelles égrenées au micro, des objets du quotidien, des rêves de super-héros ou encore une utopie communautaire foutraque et bon-enfant.

Autres dates :
- 22 et 23 février 2014 : Teatro Kismet - Bari

François Bousquet
le 22/11/2013

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