Philippe Parreno : Anywhere, Anywhere Out Of The World

 date

du 23/10/2013 au 12/01/2014

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Palais de Tokyo / Philippe Parreno

 liens

Palais de Tokyo

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En même temps que son comparse Pierre Huyghe est exposé au Centre Pompidou, dans la Galerie Sud, Philippe Parreno (qui avait déjà eu les honneurs de cette même Galerie Sud il y a quatre ans) occupe (presque) l’intégralité du Palais de Tokyo, quelques espaces restant vierges. Afin d’infuser dans tout le bâtiment, le Français a disposé, au-delà de vastes installations, quelques interventions plus discrètes mais traçant une sorte de fil rouge : fenêtres serties d’un film floutant la vision du monde extérieur, tubes néons clignotants et cartel lumineux déroulants. La palpitation générée par ces deux derniers types de matériaux vient alors renforcer le sentiment prédominant au cours de la visite : celui que l’exposition, entité distincte, vit sa propre existence.

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Danny La Rue (détail)
(courtesy Palais de Tokyo)

Ainsi, des panneaux lumineux s’allument tous seuls, des pianos mécaniques se mettent à jouer sans aucun instrumentiste, un robot reproduit l’écriture de Marylin Monroe, des marquises clignotent, des portes automatiques s’actionnent et un pan de mur tourne autour d’un plateau rond. Si ce procédé de la vie autonome de l’exposition a déjà été éprouvé par d’autres plasticiens, il trouve ici une vigueur peu commune, teintée (sans que cela soit antinomique) d’une légère mélancolie, et, surtout, une belle cohérence. Dans un lieu marqué par le souvenir de la très belle monographie consacrée à Julio Le Parc, la présence de nombreuses œuvres lumineuses, de teintes majoritairement noires et blanches et de jeux sur la perception (à l’image de TV Channel, immense écran constitué de telle sorte qu’on n’en voit bien le sujet que de loin) rend encore plus attrayante et stimulante la proposition de Parreno.

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Factories in the Snow (détail)
(courtesy Palais de Tokyo)

Loin de toute démarche solitaire, le travail de ce dernier s’inscrit dans une logique de collaboration et de coopération : avec Pierre Huyghe pour créer le personnage d’AnnLee, avec Douglas Gordon pour le film autour de Zidane, mais aussi en laissant une place dans l’exposition aux œuvres de Liam Gillick (les auto-pianos), de Dominique Gonzalez-Foerster (une bibliothèque pivotante, libérant un passage secret vers une autre salle) ou de Merce Cunningham et John Cage (des dessins précisément disposés dans cette salle cachée). Ainsi peuplée de souvenirs et fantômes, Anywhere, Anywhere Out Of The World livre un certain nombre de tentatives, un peu fétichistes, de perpétuation de ces mémoires : le robot déjà cité, les pas des danseurs de Merce Cunningham entendus sur une rotonde vide, la matérialisation d’AnnLee par Tino Sehgal qui convoque une jeune fille chargée d’incarner le personnage d’anime.

Trimbalé d’un espace à l’autre, sorte de jouet de l’exposition, le spectateur se trouve alors dans la position de la marionnette sollicitée par la référence à Petrouchka, poupée affublée de sentiments humains, et dont seize marquises reproduisent, en clignotant à tour de rôle, les pas du ballet créé par Igor Stravinsky. Au vu de cet ensemble séduisant, on peut alors aisément répondre à Lamartine que les objets inanimés ont bien une âme qui s’attache à notre âme.

François Bousquet
le 07/01/2014

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