Acker Velvet

Carbon & Chairs

(Monotype Records / Metamkine)

 date de sortie

30/04/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Improvisation

 appréciation

 tags

Acker Velvet / Ambient / Expérimental / Improvisation / Monotype Records

 liens

Monotype Records

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Acker Velvet est un duo formé par Andreas Trobollowitsch et Johannes Tröndle, tous deux basés à Vienne. La formule tourne autour d’un violoncelle et d’un dispositif électronique live mais ils définissent leur travail comme une composition interactive plutôt que de l’improvisation. Carbon & Chairs est leur deuxième album après un premier essai publié en 2009 sur le label Schraum alors qu’ils jouaient sous le nom de Nörz.

C’est toujours avec une petite appréhension que l’on met un disque de ce type sur la platine, craignant généralement d’écouter une musique plus propice à l’écoute en concert. Les clarinettes lancinantes, les cuivres éraillés, les petits tintements improvisés de Cut And Fade laissent une impression de chaos, ou du moins de désordre, contrebalancé par une certaine douceur, voire une fragilité.
On comprend mieux alors ce que le duo entend par "composition interactive" à l’écoute de morceaux tels que Xyl ou Emma. Le premier fait la part belle aux mélodies, certes hésitantes, en cours de défrichage, mais bien présentes et clairement assumées. Avec Emma c’est la rythmique, lourde, régulière, mécanique qui se fait remarquer, balisant le territoire à des sifflements, grincements et autres fracas métalliques au second plan.

Carbon & Chairs pourrait en fait être le fruit d’un concert improvisé. Le jeu est généralement lent, laissant le temps aux musiciens de chercher à construire des mélodies et des structures rythmiques plutôt que de jouer sur un chaos permanent. C’est cette lenteur qui contribue à faire de cette musique une sorte d’ambient électroacoustique expérimentale, empruntant tour à tour à la musique de film puis au post-rock, quelques notes de piano typé Rhodes nous rappelant même un vieux titre de Portishead, une référence que l’on reconnaitra parfaitement improbable sur ce type de disque !
Côté post-rock, c’est à celui de leurs compatriotes de Radian que l’on pense à l’écoute de Arco, en particulier pour cette rythmique complexe, tour à tour frétillante et fracturée. On passera ensuite à Lichterleau, notre morceau préféré sur lequel les autrichiens mêlent intimement drones et longs accords de cordes. On se rapproche alors d’une ambient-drone ponctuées de field recordings et autres improvisations acoustiques.

Au bout d’une petite quarantaine de minutes, le disque s’achève sur un croisement mélodique de guitare et clavier, toujours lent, fracturé mais d’une incroyable douceur, proche d’une boîte à musique, à moitié cassée mais toujours à même de réveiller une certaine nostalgie.

Fabrice ALLARD
le 27/11/2013

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