Festival Electronautes : Radiomentale - Ilpo Väisänen

 date du concert

11/02/2004

 salle

Batofar,
Paris

 tags

Batofar / Festival Electronautes / Ilpo Väisänen / Radiomentale

 liens

Radiomentale
Batofar

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Un bon petit mois de promotion, communication autour de ce "festival" censé fêter les 5 ans d’un Batofar au parcours houleux. Cinq ans dont quatre ont été couverts par l’association Made in Boat, et donc tout juste une année pour la nouvelle équipe en charge du projet artistique. Cela dit, la programmation de ce festival était plutôt intéressante, et n’avait d’ailleurs pas grand chose à voir avec ce que le bateau rouge nous propose depuis un an. Le programmateur était d’ailleurs extérieur à celui-ci puisqu’il s’agissait de Philippe Petit, connu pour diriger l’excellent label Bip_Hop. Un choix cela dit un peu discutable puisque bien évidemment, ce sont les artistes de ce label qui étaient en grande partie présents pendant 4 jours.
Une bien belle affiche pour cette première soirée, avec Radiomentale que l’on avait déjà vus et appréciés à Pompidou, puis Ilpo Väisänen, moitié de Pan Sonic que l’on n’avait jamais vu en live.

Après un DJ-set qui passera un peu inaperçu, notre attention se porte sur de longues nappes planantes et une rythmique entraînante, le genre de mélange qui nous fait craquer. Un rapide coup d’oeil à la scène et on remarque que les deux membres de Radiomentale ont pris place aux platines. Eric Pajot à gauche, Jean-Yves Leloup à droite, nous surprennent alors que l’on s’attendait au même genre de set qu’à Pompidou, à savoir une musique extrêmement dense, changeant sans cesse de disque. Ici chaque morceau à le temps d’immerger l’auditeur dans les atmosphères cotonneuses d’une electronica mélodique, soignée, quelque part entre les premières heures de Warp et l’electronica-pop sucrée de Morr Music, proposant ainsi un panorama du genre, et construisant une sorte d’histoire d’amour (de la musique). Rythmiques kraftwerkiennes, ambient mystique, sombres musiques de film façon Blade Runner, sans oublier l’arrivée du hip-hop, les mélodies imparables de Plaid, mais aussi de belles arpèges de basses à l’efficacité terrifiante. Entre chaque morceau se glissaient des passages plus expérimentaux, plus abstraits, quelques dialogues extraits de films permettant de lier l’ensemble.
Un peu plus d’une heure d’un set envoûtant. Forcément, entendre en une heure toutes les choses que l’on a pu adorer en une dizaine d’années, ça ne laisse pas indifférent. On aurait peut-être bien aimé y trouver le dub de Pole en bonus...

Changement assez radical de style ensuite puisque c’est Ilpo Väisänen qui prenait le relais, seul derrière ce qui nous paraissait être d’antiques machines (on s’habitue aux laptops...). On s’attendait plus ou moins au même son que Pan Sonic, mais en fait c’est plutôt au niveau de la structure des morceaux que l’on fait le lien avec le projet qu’il mène avec Mika Vainio.
Après une grosse texture légèrement aquatique (on pense au bruit sourd de la mer, des vagues), on retrouve le minimalisme qui a fait le succès du duo : percussions et basses ébauchent petit à petit un groove dans lequel l’auditeur se sent happer. Quelques basses tournoyantes apportent ensuite un semblant de mélodie, mais l’ensemble reste austère. On aura il est vrai, un peu de mal à rentrer dans ce concert, d’autant plus qu’entre chaque morceau de ce type, il joue des séquences plus expérimentales ou bruitistes, cassant sans cesse l’ambiance.
Et puis au bout d’un moment le déclic opérera. Le concert avançant, Väisänen passant d’un titre à un autre en se renouvelant toujours au niveau des sonorités produites, on restera alors étonné devant une telle variété, une telle richesse avec si peu de moyen. Et puis étant habitué à des sons assez bruts, on sera ravi de le voir produire des pièces de plus en plus fines et subtiles, nous laissant au final sur une excellente impression.

Fabrice ALLARD
le 29/02/2004

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