Pierre Huyghe

 date

du 25/09/2013 au 06/01/2014

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Pierre Huyghe

 liens

Centre Pompidou

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Constat récurrent, surtout au Centre Pompidou, et surtout dans sa Galerie Sud : les artistes contemporains, conviés à présenter une rétrospective de leur travail, font tout pour livrer quelque chose de nettement plus expérimental, notamment dans la manière d’exposer leurs œuvres. Nouvel exemple avec Pierre Huyghe, habitué du travail sur la notion d’exposition, qui, cette fois-ci, dispose une cinquantaine de créations dans des espaces biscornus, au cheminement non aisé car obstrué par les cimaises utilisées par l’institution parisienne pour montrer les pièces de Mike Kelley, lors de l’accrochage précédent. L’absence de cartels et le fait que certaines œuvres ne se trouvent pas à l’endroit indiqué sur le programme de salle finissent de troubler le spectateur qui n’aura donc qu’à se laisser porter par l’exposition, devenu lui-même sujet de celle-ci.

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Vue de l’exposition

Au reste, il s’agit là d’un procédé récurrent chez Pierre Huyghe, lui qui avait sollicité des anonymes pour le film The Host And The Cloud, captation de trois journées dans le Musée des Arts et Traditions Populaires désaffecté, dans lequel les participants effectuaient des expériences (hypnose, reconstitution du procès d’Action Directe, exorcisme…). Le public est également appelé à se saisir de manettes pour actionner Atari Light (le célèbre jeu vintage Pong accroché au plafond) ou à se confronter aux abeilles couvrant la tête d’une statue (Untilled (Liegender Frauenakt)).

Placée à l’extérieur de la Galerie Sud, dans une excroissance « volée » à la rue et cloisonnée, cette pièce est une nouvelle manifestation de la volonté de dialogue entre l’espace intérieur et l’espace urbain (réflexion itérative dans les expositions de cette zone du Centre Pompidou). Dans le même mouvement, le mur d’une cimaise est creusé par le Français afin d’y retrouver trace des couches de peinture ayant servi aux précédentes expositions (Timekeeper) tandis que la réactivation des cloisons de Mike Kelley participe de cette même logique d’une inscription non neutre dans un lieu. Déplacement dans le temps avec ces retours en arrière ou bien l’attachement de Pierre Huyghe aux dates (figure répétée du calendrier), mais aussi avec la projection vers un hypothétique avenir que relate L’Expédition Scintillante, éventuel voyage en Antarctique, dont on trouve quelques témoignages (film, boîte à lumière, patinoire noire).

Si le spectateur s’avère donc un sujet de l’exposition (comme les adolescents qui défilent dans La Toison d’Or ou les habitants d’un village au nord de New-York qui effectuent une procession dans Streamside Day), il n’en est pas pour autant le seul être vivant. De fait, outre les abeilles déjà évoquées, des invertébrés et un bernard-l’hermite se trouvent dans des aquariums et un chien (à la patte rose) se promenait dans la Galerie Sud le soir du vernissage. Néanmoins, l’ensemble peut paraître un rien trop abstrait et conceptuel pour un public non initié et au fait de l’histoire de l’art contemporain. Déroutant une partie des (nombreux) visiteurs présents, la proposition peut effectivement souffrir de sa trop grande cérébralité et plaire uniquement aux habitués et autorisés. Si, dans un paysage muséal parfois compassé, cela constitue probablement une force, c’est en même temps une limite.

François Bousquet
le 05/01/2014

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