Festival Nemo 2013 : Greg Haines / Poppy Ackroyd / Francesco Tristano

 date du concert

15/12/2013

 salle

Maison des Arts,
Créteil

 tags

Festival Nemo 2013 / Greg Haines / Maison des Arts / Poppy Ackroyd

 liens

Greg Haines
Maison des Arts
Poppy Ackroyd
Festival Nemo 2013

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Pour clôturer cette nouvelle édition du Festival Nemo, la manifestation occupait la totalité des espaces de la MAC : deux premiers concerts dans la petite salle et troisième dans la grande, plus à même de recevoir le set pyrotechnique et lumineux de Francesco Tristano. Trois prestations, donc, et un fil rouge commun : le travail au piano solo, puisque les trois intervenants opèrent dans ce segment musical, avec néanmoins des spécificités propres à chacun, manière de monter un plateau cohérent et varié à la fois.

La présence de Greg Haines pour débuter l’après-midi avait suffi à nous pousser à faire le déplacement, le souvenir encore vivace de son concert du mois de mai en tête. Par rapport à sa prestation du Café de la Danse, celle de Créteil fut davantage tournée vers le piano : disposant d’un piano à queue, de deux synthés et d’un grand pavé numérique lui permettant de lancer les programmations, le Britannique superposa progressivement les couches instrumentales, faisant entrer chacune au fur et à mesure, insistant surtout sur les notes de piano et n’hésitant pas à gratter les cordes de celui-ci, façon piano augmenté. Quelques rythmiques et accords synthétiques plus proches du dub purent également être convoqués sur certains titres, de même que l’adjonction de percussions (Glockenspiel joué à l’archet, sistre à manche, wood-block, cloches deux tons) ou d’un mélodica. La deuxième partie de son concert commença par un titre plus sombre, arythmique et dense avant de revenir à des climats plus proches de ceux du début et de terminer par un passage intégralement néo-classique, partagé entre une main gauche roulante dans les graves et une main droite piochant un peu partout dans les aigus. Probablement moins emballante que son set du printemps, cette prestation confirma toutefois la qualité du travail de Greg Haines.

En ayant lu ou entendu parler à quelques reprises, le nom de Poppy Ackroyd ne nous était pas inconnu et nous savions situer globalement son style dans le champ musical, sans jamais pour autant avoir écouté l’un de ses morceaux. S’installant sur scène après une courte pause, l’Écossaise passa du piano au violon électrique, prenant bien soin de souligner que tous ses morceaux n’étaient constitués que d’interventions de ces deux seuls instruments. De fait, on put constater que même les rythmiques en étaient issues : le frottement, grâce à une mailloche en bois, des cordes du piano lui permettant de former des cadences métronomiques. Tout n’était cependant pas réalisé en direct et quelques samples étaient lancés par la jeune femme qui, témoignage de sa pluridisciplinarité, s’occupait aussi de livrer les vidéos en noir et blanc projetées derrière elle (et nous apprit également qu’elle avait collaboré avec un chorégraphe et un réalisateur de films d’animation). Faisant le choix de ne pas enchaîner, à une ou deux exceptions près, ses morceaux, Poppy Ackroyd pouvait ainsi écarter le côté parfois poseur de certaines propositions néo-classiques mais éloignait en même temps toute possibilité d’immersion du spectateur, confronté à des temps de silence toutes les cinq ou six minutes. Il n’empêche ; le concert de la jeune femme marqua par son niveau d’ensemble, sa sincérité, la qualité de ses compositions voire leur variété (peu aisé, dans un style qui prête parfois à une certaine homogénéité), dont témoigne cette vidéo captée vers la fin du set :

La transhumance des (nombreux) spectateurs vers la grande salle réalisée, le concert de Francesco Tristano put débuter. Positionné debout devant son instrument, un pied posé sur la petite estrade sur laquelle était placé son piano à queue, le musicien lançait boucles et rythmiques, affrontait frénétiquement son clavier, voire se trouvait plongé dans de la fumée lancée par une machine situé en fond de scène (La Franciscana). Combiné à de savants jeux de néon (des traînées horizontales zébraient le plateau et quelques tubes verticaux étaient disposés çà et là) qui s’allumaient façon vumètre en fonction de l’intensité et de la hauteur des notes et accords de piano, cet appareillage donnait par instants le sentiment d’être face à une proposition quasi-club. Plus encore, des beats plus appuyés, des flashes et stroboscopes, sur D Minor Loop joué en rappel, à l’issue de l’heure et demie de set, accentuèrent encore cette sensation. Précédemment, le reste du concert permit au Luxembourgeois de livrer aussi bien des compositions personnelles qu’une sonate de Bach, manière de rappeler sa formation classique et d’attester (peut-être de manière un peu trop démonstrative), auprès de l’auditoire conquis, qu’il est bien un virtuose du clavier.

François Bousquet
le 30/12/2013

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