En Thulé froiduleuse

 date

du 07/11/2013 au 22/12/2013

 salle

Maison d’art Bernard Anthonioz,
Nogent-sur-Marne

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Maison d’art Bernard Anthonioz

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Maison d’art Bernard Anthonioz

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Nom donné par l’explorateur Pythéas dans la Grèce antique à une île qu’il découvrit au nord de la Grande-Bretagne, Thulé a été depuis potentiellement identifiée comme étant l’Islande et donne donc son nom à une exposition regroupant quatre artistes contemporains. Beaucoup moins connue que la scène musicale de ce pays, la scène plasticienne islandaise bénéficie par conséquent d’un éclairage intéressant, permettant de mettre en lumière leurs créations, régulièrement décalées, voire burlesques.

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Sigurður Guðmundsson - Cogito Ergo Sum

Sous ce jour, c’est indéniablement Sigurður Guðmundsson qui se positionne le plus ouvertement sur ce créneau, avec ses vidéos dans lesquelles il se met en scène (s’écrasant des œufs sur son crâne chauve, mastiquant celui-ci d’une main pendant qu’il triture un chou-fleur de l’autre), ses photos où il se présente accompagné d’un ventilateur ou d’un accordéon et cette sculpture d’un chien regardant un tableau noir sur lequel est inscrit « cogito ergo sum » tandis qu’une pancarte « I can’t read » est accrochée à sa queue. Goût d’une certaine distance et surréalisme légèrement poétique irriguent ainsi ses travaux. Approche également imagée chez Kristleifur Björnsson qui dispose des vitrines contenant des nuisettes devant des photos grand format voyant des lits recouverts d’autres nuisettes.

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Vue de l’exposition (oeuvres d’Ólöf Nordal)

Apparaît alors un souci de la narration, laissant au spectateur le soin de forger l’histoire ayant conduit à la situation présentement captée par l’artiste. Une telle dimension se croise aussi dans la vidéo de Sigurður Guðjónsson dans laquelle l’Islandais se promène sur des rochers surplombant les rapides d’une rivière, sans rien savoir de ce qui l’y a conduit. Chez Ólöf Nordal, le souvenir d’histoires passées est encore plus vivace puisqu’il capture en photographie des moulages de mains, des bustes en plâtre, des mèches de cheveux provenant tous d’Islandais d’extraction simple (paysan, servante, mécanicien). Saisis à la manière des expositions d’anthropologie s’arrêtant sur des parties du corps de personnages importants, ces résidus visent alors à un égalitarisme certain.

François Bousquet
le 24/12/2013

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