Renaud Auguste-Dormeuil : Il Serait Temps

 date

du 17/12/2013 au 25/01/2013

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Renaud Auguste-Dormeuil

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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En marge d’une large monographie que lui consacre le MAC/VAL, la Fondation Ricard ouvre ses espaces à Renaud Auguste-Dormeuil pour une présentation limitée à deux séries et une troisième œuvre. Du Français, on se souvient avoir vu il y a trois ans une exposition à la Maison des Arts de Malakoff dans laquelle il s’attachait au statut de l’image en opérant, notamment, par soustraction. Cohérence d’un parcours artistique, c’est ce mécanisme qui se trouve être au centre d’Il Serait Temps.

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extrait de la série Uncover
(courtesy Galerie In Situ - Fabienne Leclerc)

De fait, dans Quiet As The Grave, Auguste-Dormeuil va ôter tous les dialogues de Vertigo et projeter les cinquante-huit minutes restantes du film d’Alfred Hitchcock ; dénuées d’échanges entre les personnages, les images vont alors revêtir un caractère encore plus inquiétant et permettre de se concentrer sur les visages et réactions des comédiens. Le procédé de soustraction va être également utilisé dans la série Les Collectionneurs, écho à la série Les Ambitieux vue à Malakoff. Alors que cette dernière s’attachait aux figures des chefs d’état, celle présentée à la Fondation Ricard s’origine dans la rencontre de l’artiste avec quelques collectionneurs d’arts auxquels il a proposé de participer, dans l’environnement de leur choix, à cette série. Comme avec les hommes politiques, la photographie est coupée dans la longueur, sectionnant une large partie du corps pour ne conserver qu’une partie des cheveux, les oreilles ou bien le bord des jambes. Disposées au bout de tuteurs en bois, les épreuves donnent l’impression d’avoir été coupées en deux précisément par cette baguette.

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extrait de la série Les collectionneurs
(courtesy Galerie In Situ - Fabienne Leclerc)

Assez malicieusement, Renaud Auguste-Dormeuil nous démontre enfin que soustraire, ou évider, n’engendre pas nécessairement un appauvrissement de l’œuvre puisque dans sa série Uncover, il part de couvertures de magazines italiens des années 1970 et réalise une découpe au cutter, afin de révéler une image se trouvant en pages intérieures. L’association qui en résulte avec le visuel de couverture crée une troisième image, souvent ironique et grinçante, constitutive d’un savant détournement.

François Bousquet
le 22/01/2014

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