Festival Némo 2002

 réalisateur

Christian Petzold

Jean-Paul Civeyrac

 date

du 12/01/2002 au 20/01/2002

 salle

Forum des Images,
Paris

 tags

Christian Petzold / Forum des Images / Jean-Paul Civeyrac

 liens

Forum des Images

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Festival indépendant, en entrée libre, et centré sur la découverte, Némo a vite trouvé sa place, d’autant plus qu’il est programmé en début d’année, à une période où, hormis les Premiers Plans d’Angers, l’actualité cinématographique nationale est plutôt calme. Pour cette quatrième édition, nous avons pu visionner trois longs-métrages dans la catégorie « Découvertes Internationales », dont le très intéressant Contrôle d’Identité.

Road-movie criminel, remarqué à Venise 2000, ce premier film de Christian Petzold s’attache à un couple de terroristes qui tentent d’échapper à la police, tandis que leur fille essaye d’avoir une vie normale (shopping, petit mai). Au-delà de sa mise en scène naturaliste, de sa direction et de son jeu d’acteurs tout à fait satisfaisants, on releva un beau sens de l’ellipse et du hors champ. De fait, le réalisateur allemand se place quasiment toujours du point de vue de la jeune fille de 15 ans pour observer, d’une part, les pérégrinations des parents (fuite, hold-up) et, d’autre part, la découverte de son propre corps et la fin de ses illusions. En parallèle, le film narre la fin des illusions pour cette génération d’activistes d’extrême-gauche des années 1960-1970 qui ne voient plus leur pays que comme un pays étranger qu’il faut quitter au plus vite.

Quitter au plus vite, c’est ce qu’on aurait du faire plutôt que de rester pendant toute la projection de Between The Moon and Montevideo, film québécois d’anticipation dans lequel des hommes, égarés sur une planète située entre la Terre et la Lune, tentent de retourner sur Terre. Au début, on ne comprend pas très bien, on se demande où l’ensemble veut en venir et on se dit qu’on risque de s’ennuyer ferme ; pendant, on s’ennuie effectivement car on ne s’attache jamais aux personnages, que l’histoire part dans tous les sens et que les acteurs sont très très moyens. À la fin, donc, on regrette d’être venu et d’avoir subi ce film d’Attila Bertalan.

Enfin, en clôture, le Festival Némo nous proposait le nouveau film de Jean-Paul Civeyrac, récent auteur de l’excellent Le Doux Amour des Hommes et pour lequel les avis des deux rédacteurs de cette chronique divergent.

Pour le premier signataire de ces lignes, il est un peu difficile de rentrer dans ce film aux nombreux personnages livides, fades, rongés, absents. On sera assez vite énervé par ce cinéma poseur, maniéré, cinématographique au mauvais sens du terme. Pourtant on finit par s’y habituer et, en fin de compte, l’ensemble du film s’avère du même acabit, que ce soit la musique abstraite, classique et contemporaine, des scènes sans dialogues où le message n’est censé passer que par la gestuelle, les poses, les regards dans le vide. Le vide est bien un élément clé du film, il y est même fait explicitement référence en parlant de la vie des gens, vide mais qu’ils veulent prolonger tout de même. Dans son minimalisme, Civeyrac envoie quelques messages, des questions qui touchent, et traite à la fois de l’amour, de l’absence, de l’oubli et de la mémoire. Un film à la fois dur et beau dont on ne se saurait dire s’il est désespéré où s’il se contente de faire un constat sur une certaine réalité. On retrouvera d’ailleurs des personnages et des éléments de ses précédents films comme la mort et le premier amour. À la manière de ce film, des personnages apparaissent, vaporeux, mais impriment quand même le film. Ainsi Fantômes ne nous marque pas sur le coup, mais laisse une empreinte au plus profond de nous.

Pour le second rédacteur, il ne s’agit là que d’une variation sur un thème décidément très à la mode (Sous le Sable - auquel on pense fortement dans de nombreuses scènes -, Les Autres...) et à partir duquel Civeyrac réalise un film par moments intéressant et poétique mais qui, globalement, se fait vide, vain et souffre énormément de la comparaison avec Le Doux Amour des Hommes.

Dates de sortie :
- Fantômes : 13 mars 2002
- Contrôle d’Identité : 26 juin 2002

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 24/01/2002

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