Le Jeu des 1 000 Euros

 auteur

Bertrand Bossard

 metteur en scène

Bertrand Bossard

 date

du 10/01/2014 au 01/02/2014

 salle

Théâtre de la Commune,
Aubervilliers

 appréciation
 tags

Bertrand Bossard / Théâtre de la Commune

 liens

Théâtre de la Commune

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De Bertrand Bossard, on avait vu, il y a une douzaine d’années, Mon île déserte, spectacle désopilant dans lequel, seul en scène, il parvenait à faire rire en évoquant un camp de réfugiés bosniaques, naufragés sur une île de la Mer Adriatique. Avec Le Jeu des 1 000 Euros, c’est à l’émission emblématique de France Inter que le Français s’attache, campant, avec un compère, deux explorateurs du futur tentant de déterrer et de faire revivre le jeu, vu comme un phare disparu de la pensée des XXe et XXIe siècles.

Passé ce prélude, on se trouve donc face à un essai, drôle et décalé, de réactivation de la célèbre émission : chauffeur de salle, tics de présentation (« chers amis, bonjour ! »), questions bleues, blanches et rouges, réponses de spectateurs conviés à monter sur scène (dont une jeune femme qui sut magnifiquement enchaîner, au pied levé, plusieurs vers du Bérénice de Racine, sans que l’on sache si la chose était préparée ou non), indicatifs au métallophone, etc… Lorsque le spectacle se centre sur cette recréation, il sait donc toucher, juste et émouvant dans sa glorification de la culture populaire et générale.

En revanche, quand le propos s’étire, il se délite également, à l’image de deux monologues (l’un sur le romantisme allemand, l’autre récitant L’Homme Révolté d’Albert Camus) ou du final deleuzien. À ne pas vouloir se cantonner à une simple reprise loufoque, voire parodique, de l’émission, le spectacle se perd alors malheureusement en digressions. Au surplus, notre préhension de celui-ci fut parasitée par le bavardage incessant de quelques spectateurs : à croire que le fait que la salle reste allumée (le public du théâtre étant convié à figurer le public du jeu radiophonique) donne à certains le sentiment de pouvoir continuer à parler à voix haute à son voisin, comme si on était encore avant le début de la pièce ou bien à l’entracte.

François Bousquet
le 04/02/2014