Tomoko Sauvage

Ombrophilia

(Aposiopèse / Metamkine)

 date de sortie

15/05/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Aposiopèse / Expérimental / Tomoko Sauvage

 liens

Aposiopèse
Tomoko Sauvage

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Nous parlons assez régulièrement de Tomoko Sauvage, essentiellement à l’occasion de ses concerts parisiens, mais nous n’avions jamais abordé sa production discographique. Édité en 2009 au format CD par le label américain either/OAR, Ombrophilia est le premier album studio de la japonaise. On profite ici d’une seconde édition produite par le label français Aposiopèse, pour parler de ce premier album, cette fois disponible uniquement en vinyle.

Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas encore le travail de Tomoko Sauvage, on commencera par présenter son dispositif sonore, plutôt atypique. Influencée par la musique indienne, la jeune femme a construit son propre instrument, inspiré du jal tarang. Celui-ci consiste en un ensemble de bols de porcelaine de différentes tailles, remplis d’eau, mais contrairement à l’instrument indien, frappé avec des baguettes en bois, ce sont ici des gouttes d’eau qui tombent sur les bols. Le son est alors capté par des hydrophones (microphones submersibles).
De par le dispositif en place, la musique de la japonaise possède quelque chose d’impalpable, une dimension aléatoire qui laisse une large place aux "approximations" et accidents. Impossible en effet de maitriser parfaitement l’instant où les gouttes vont tomber, par contre le jeu de la jeune femme se concentre sur le choix des tonalités et quelques effets, notamment un vibrato lorsqu’elle crée des remous dans ses bols.

Et c’est justement sur ce point qu’Ombrophilia nous surprend. Il s’agit certes d’un enregistrement studio, qui a probablement fait l’objet de multiples prises, tentatives et sélections, mais on reste agréablement surpris par la construction de mélodies et boucles qui nous apparaissent joliment contrôlées. Le disque s’ouvre donc sur ces tintements aquatiques, avec un son particulièrement limpide, clair, là où les concerts sont baignés d’un bruit ambiant qui nuit toujours un peu à la finesse de la musique de Tomoko Sauvage.
Le hasard joue un rôle relativement important sur les premières pièces, et à ce titre la musique de la japonaise pourra être qualifiée d’expérimentale car impalpable. A l’image de son matériau sonore, Amniotic Life (1) et plus encore Raindrop Exercice (1) semble glisser entre nos doigts, les bribes mélodiques, fluides, disparaissant aussi vite qu’elle sont apparues. On pensera parfois à une boite à musique, aux cloches d’un troupeau de vaches rentrant à la ferme, à une musique de steel band (Mylapore), ou encore à un concert de crécelles (Jalatarangam Revisited) sur des clapotis que l’on croirait issus de field recordings.

Et puis parfois la magie opère, au hasard de quelques gouttelettes tombées du ciel, révélant douceur, poésie et mélancolie sur l’extrêmement délicat Making of a Rainbow. À ceux qui, comme nous, ont pu apprécier le travail de Tomoko Sauvage en live, on ne pourra que conseiller de tenter l’expérience du disque, la seule à même de révéler toute la beauté de cette musique.

Fabrice ALLARD
le 19/02/2014

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