Aidan Baker / Prairie

 date du concert

07/02/2014

 salle

La Zone,
Liège

 tags

Aidan Baker / La Zone / Prairie

 liens

Aidan Baker

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C’est devant une assistance trop clairsemée - vu l’intérêt certain de ce très prolifique petit barbu de Toronto : plus de 100 références en à peine plus de dix ans, outre une cinquantaine pour son duo Nadja - que nous avons pu applaudir Aidan Baker ce soir à Liège. Là où, sur disque, on préfère son versant ambient constitué d’amples nappes parsemées de micro-effets, nous avons été conquis par l’excursion improvisée, entre free jazz délicat et néo kraut allumé, qui nous fut proposée. C’est que le Canadien est versatile ; il navigue entre shoegaze, post rock, jazz, doom, electronica et surtout ambient.

En hors d’oeuvre, le duo bruxellois Prairie nous offrit un court set (25 minutes) où les field recordings distillés par le laptop s’accompagnent d’une guitare lente, réverbérée et mise en écho. Deux morceaux, l’un de dix minutes, l’autre d’un quart d’heure. Le premier nous parut trop implacable et manquant de nuances lorsqu’il prit ampleur et volume, nous plongeant dans une atmosphère sombre et oppressante, comme si une machine imposante avançait lentement mais sûrement vers nous, prête à nous engloutir, l’air de la cave se voyant saturé d’effrayants grincements maléfiques et d’ondes féroces. Ceci contrasta avec le début du second titre, qui nous convainquit davantage avec son intro effacée et allusive, ces chuintements qui dominent et tambourinent et ces énigmatiques samples de voix d’outre-tombe.

Aidan Baker aurait dû jouer en compagnie de Jakob Thiesen, avec lequel il a sorti deux longs-formats dont un l’an dernier, mais celui-ci était absent et notre ami de Toronto n’avait aucun comparse avec lequel s’acoquiner. Qu’à cela ne tienne, il est parvenu à mettre au point, l’après-midi même, un set forcément très largement improvisé en partageant la scène avec deux Liégeois : Tom Malmendier, batteur, et Yannick, saxophoniste membre d’Umungus qu’on a pu récemment découvrir en première partie des Chiliens de Föllakzoid et qu’on aura prochainement deux occasions de revoir. Aidan prend place sur la gauche avec sa guitare, et nous voici embarqués dans un profond et soyeux voyage mental en mode ambient free jazz. Du moins est-ce ce que l’on croit initialement : j’ai parlé de néo kraut allumé et, dans les climax, c’était plutôt de cela qu’il était question...

Un set d’une heure composé de trois titres - en réalité trois et demi, le dernier proposant une longue intro que l’on pouvait isoler de la suite - qui firent mouche. Juxtaposition d’une guitare discrète à la chaude granulosité, de complaintes ouatées au saxophone et d’une batterie plus agréable à l’oreille lorsqu’elle déploie des roulements soyeux que quand elle se fait trop présente et martelante, Aidan ayant alors parfois un peu de mal à se frayer un chemin avec ses fines notes claires et éthérées. Amples introductions puis emballement progressif et bien senti, particulièrement dans l’excellent deuxième titre bien trippant, délivrant plus de vingt minutes de freestyle roboratif : sans être parfaitement aboutie (ce qu’on peut naturellement comprendre, vu le contexte improvisé), la formule était parfaitement plaisante. On en revient avec six disques du Canadien, histoire de prolonger le plaisir à domicile où son univers s’exprime le mieux.

Gilles Genicot
le 10/02/2014

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