Q#2014 : Alexei Borisov & Anton Mobin / Diemo Schwarz & Fred Marty / Belmont Witch

 date du concert

11/02/2014

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Alexei Borisov / Anton Mobin / Instants Chavirés

 liens

Alexei Borisov
Instants Chavirés
Anton Mobin

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Alors qu’il s’agissait ce mardi soir du trente-deuxième rendez-vous du genre, il semble que les soirées « Q » n’aient pas encore fait l’objet de recensions sur ces pages. Pourtant, ces événements, bimestriels, « autour des musiques expérimentales développées par la scène locale », organisés en entrée libre, ont su trouver leur place dans la programmation des Instants Chavirés. Quand on arrive dans la salle de Montreuil, cinq ou six petites tables sont disposées, chacun pouvant manger ou boire un verre en attendant le début des prestations.

Peu après 20h30, Belmont Witch s’installe sur scène pour un début de set plutôt inquiétant : Michèle était seule à la guitare et enchaîna les accords grattés, posant parfois une voix atone en anglais avec un accent assez limite. Rejointe par Charlotte à la batterie, l’ensemble se fit plus intéressant en raison de l’interaction et de la corrélation entre l’aridité du jeu de la six-cordes et les frappes principalement concentrées sur les toms et la grosse caisse. Si on mettait de côté l’aspect un peu uniforme, voire monotone, des instrumentations d’un titre à l’autre (accords toujours grattés dans le même sens, enchaînements des éléments de batterie quasi-similaires), ce slowcore prit de plus en plus d’épaisseur au fur à mesure du concert.

Le temps de dégager la scène, d’avancer une table et le duo Diemo Schwarz (électronique, et plus précisément logiciel Catart) & Fred Marty (contrebasse) put prendre place pour une prestation dans laquelle l’instrument du second était préparé : papier coincé dans les cordes, frottement de celles-ci par des objets divers (chaîne en métal, tige en fer, disque ovale en métal), mailloches utilisée pour frapper les cordes. Tandis que Schwarz s’occupait de l’arrière-plan musical (textures, léger vrombissement), Marty combinait plusieurs approches de sa contrebasse en bloquant, sous les cordes, son archet et en le battant avec une mailloche ou bien quand il assénait quelques coups sur la partie des cordes situées après le chevalet. Un travail sur le caractère percussif de son instrument put aussi être développé, lorsqu’il frappa, du tranchant de la main, le côté de la table d’harmonie ou quand ses doigts tapaient le dos de sa contrebasse.

Enfin, Alexei Borisov et Anton Mobin montèrent sur scène à leur tour, debouts derrière leurs machines posées sur une table pour un duo électronique assez expérimental : le premier concassait des sons tandis que le second, intervenant principalement avec des cassettes, était dans une posture plus nerveuse, à base de saturations et de sonorités très aigues et au volume poussé. Quelques samples de radio (façon parcours de la bande FM, avec forts grésillements entre deux fréquences) furent également ajoutés pour augmenter encore la production sonore ; ce fut ce moment que nous choisîmes pour quitter les Instants Chavirés, ayant probablement touché à nos limites en la matière.

François Bousquet
le 14/02/2014

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