Loscil / Fieldhead / Insiden

 date du concert

15/02/2014

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Espace B / Loscil / Somaticae

 liens

Loscil
Somaticae
Espace B

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L’Espace B servait en ce samedi soir un riche plateau d’ambient : le quatuor Insiden, auteur d’un split avec Saåad sorti sur Blwbck et In Paradisum, l’anglais Fieldhead signé sur Gizeh Records et Loscil, figure du label Kranky.

Le groupe lyonnais Insiden composé de Guillaume Mikolajczyk, Romain de Ferron, Hugo Saugier et Amédée de Murcia (Somaticae) est installé en arc de cercle autour de leurs machines, synthés et violoncelle électrique. Drones gutturaux, mouvements cycliques et teneur élevée en saturation, les ingrédients démontrent un potentiel certain. Mais le ton demeure froid et on peine à débusquer un élément mélodique auquel se raccrocher. Lorsque sur la fin du set, le groupe laisse au violoncelle une place plus libre, le rendu gagne en douceur et en clarté. Dommage que les deux pendants, crissant et mélodique, n’aient su être incorporés.

Lorsque Paul Elam, alias Fieldhead, prend place, il est accompagné de la violoniste Elaine Reynolds. Souplement pulsée, sa musique prend la forme d’un jeu de collages entre des sonorités translucides, les virevoltes du violon et des basses aux effluves de dub-techno. Le volume n’est pas forcément suffisant et certaines résonances paraissent un brin bancales. Pourtant l’ensemble touche, littéralement. Les fragiles constructions que sont chacun des morceaux s’épanouissent, vibrantes, durant de trop courtes minutes, puis s’éteignent en laissant le vide lourd.

Si le live de Fieldhead communiquait quelque chose de fondamentalement heureux, la performance de Loscil plonge dans une sphère introspective, troublante de sensations. Sculptée d’une multitude de souffles, d’accents et de pulsations, sa musique coule comme un fluide et vous traverse le corps comme une matière poreuse. Le canadien Scott Morgan joue assis derrière ses machines, dans l’atmosphère sombre de la salle, tandis qu’un claviériste est installé à sa droite. Le public en majorité est assis par terre, refermé sur lui-même, en immersion collective. Redevenus fœtus, on baigne dans un espace dans lequel la totalité des sens semble s’être libéré de la réalité, tant et si bien qu’il faut parfois rouvrir les yeux pour s’ancrer à nouveau dans le moment présent. Pour replonger aussitôt. A la fois extatique et primitive, l’expérience laisse étourdi. De ce genre d’affiches, on reprendrait bien deux fois.

Manon Torres
le 18/02/2014

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