What The Body Does Not Remember

 chorégraphe

Wim Vandekeybus

 date

20/03/2014 et 21/03/2014

 salle

Espace 1789,
Saint-Ouen

 appréciation
 tags

Espace 1789 / Wim Vandekeybus

 liens

Wim Vandekeybus
Espace 1789

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Spectacle rapidement passé à la postérité dans le milieu de la danse contemporaine, What The Body Does Not Remember avait été créé en 1987 par Wim Vandekeybus ; réactivé l’an passé, il est reparti en tournée, avec une nouvelle troupe en charge de donner cette partition chorégraphique intense et très physique.

Impressionnant de maîtrise et de précision, le spectacle établit d’emblée ce postulat avec un premier tableau dans lequel une femme, assise derrière une table munie de capteurs sonores, frappe sur le meuble tandis que deux hommes retranscrivent, sur le plateau, les mouvements réalisés par les mains de la jeune femme : déplacements au sol quand la main glisse sur la table, passage en position « pompes » quand les paumes sont placées à quelques centimètres au-dessus de la table, installation dos à dos quand elles se joignent, etc… Avec une rapidité extrême, les interprètes font de leur corps le prolongement de la création sonore et gestuelle qui se joue quelques mètres derrière eux. Cette interaction avec le son (qu’on pourrait qualifier de « musique » mais ce serait alors plutôt de la musique concrète) va se retrouver plus loin dans What The Body Does Not Remember, chaque tableau étant l’occasion de croiser rythmiques marquées et geste chorégraphique.

Particulièrement énergiques, les impulsions de la petite dizaine de danseurs conduisent chacun à adopter une posture résolument active, à la limite même du performatif ou du démonstratif, sautant d’un bout à l’autre du plateau, s’enlaçant et se projetant en l’air, attrapant des parpaings (!) lancés par un camarade, etc… Presqu’animale, voire primale, cette démarche paraît à la fois vouloir ramener la danse à ses origines, dépouillées et brutes (dans les deux sens du terme), mais sait également le tribut qu’elle doit aux récents chorégraphes et a conscience, dans le même temps, de la trace laissée par le spectacle depuis sa création. La profusion d’actions et le mouvement perpétuel saturent parfois, dans les scènes de groupe, l’espace, obligeant le spectateur à délaisser l’un des intervenants pour essayer de suivre les autres pendant qu’à force, les sauts des uns au-dessus du corps des autres, allongés au sol, prennent des atours un peu attendus. Pour autant, le plaisir et l’ébahissement face aux prouesses réalisées sur le plateau demeureront les sentiments prédominants au sortir de la salle.

Autres dates :
-  25 et 26 mars 2014 : Bourges
-  28 mars 2014 : Rotterdam
-  4 et 5 avril 2014 : Cologne
-  11 et 12 avril 2014 : Dresde
-  16 et 17 mai 2014 : Freiburg
-  21 mai 2014 : Heilbronn
-  23 mai 2014 : Bregenz
-  2 et 3 juillet 2014 : Mons

François Bousquet
le 24/03/2014

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