Timber Rattle / Philippe Beer Gabel

 date du concert

24/03/2014

 salle

Buzz,
Paris

 tags

Buzz / Ocinatas Industries / Timber Rattle

 liens

Ocinatas Industries

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Philippe Beer Gabel

Pour débuter cette soirée, programmée dans la cave du Buzz (bar du Boulevard de Belleville, jouxtant la Cantine), Philippe Beer Gabel s’installa sur une chaise, son kantele sur les genoux. Avec le look du jeune homme (chemise en lin, cheveux longs et frisés, barbe courte) et les premières notes de musique de cet instrument traditionnel finlandais (finger-picking, harmoniques baroques), on pensait assister à des variations uniquement fondés sur des thèmes Renaissance, voire moyenâgeux. Mais, rapidement, le propos se diversifia quand le musicien étouffait ses cordes, qu’il utilisait réverbérations et autres effets lancés aux pédales, qu’il chantait et grattait les cordes ou qu’il intégrait des notes tenues issues d’un singing bowl. Plus probantes en français qu’en anglais, ses partitions vocales apportaient une forme de contemporanéité à un ensemble assez délicat et incontestablement intéressant, au moins sur le plan visuel.

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Timber Rattle

Ayant quitté la salle pendant le concert de Saison de Rouille (trio noisecore dans lequel basse et guitare rivalisaient de saturations tandis que le chanteur hurlait des textes à un mètre du micro), assez bizarrement placé au milieu du plateau alors qu’on l’aurait plutôt imaginé en clôture de soirée, on y revint pour assister à la prestation de Timber Rattle. Trois musiciens étaient présents sur scène ce soir (même si, apparemment, il s’agit en vérité d’un projet solo), chacun porté sur un instrument (guitare électrique, clavier-séquenceur et percussions) mais opérant tous en vocalises pour des interventions entre mantras et psalmodies inintelligibles dans lesquelles comptaient davantage l’atmosphère et l’aspect chamanique que les paroles ou une quelconque mélodie. Le programme qualifiait leurs compositions d’ « Americana Drone Ritual » et, de fait, aussi bien le clavier-séquenceur (sonnant comme un orgue), les tom basse et sistre que les notes détachées de six-cordes conduisaient à constituer un tapis sonore minimal et envoûtant. Profitant à plein (et les réclamant même) des effets scéniques (machine à fumée, jeu de lumières rouges), les Étatsuniens ensorcelèrent aisément la vingtaine de personnes du public tout au long d’un set un rien répétitif mais, assurément, c’est le style choisi qui voulut cela.

François Bousquet
le 28/03/2014