Éloge du Puissant Royaume

 chorégraphe

Heddy Maalem

 date

27/03/2014 et 28/03/2014

 salle

Espace 1789,
Saint-Ouen

 appréciation
 tags

Espace 1789 / Heddy Maalem

 liens

Espace 1789
Heddy Maalem

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Assurément, depuis quelques années, les danses urbaines ont été intégrées aux programmations des centres chorégraphiques et autres espaces de représentation institutionnels : on se souvient notamment du spectacle autour du voguing et du twerk pensé par François Chaignaud et Cecilia Bengolea. Dans cette même démarche, Heddy Maalem a monté une proposition autour du krump, style né à Los Angeles au moment des émeutes de 1992 et popularisé auprès du grand public avec le film Rize de David LaChapelle.

Afin de concrétiser cette forme d’accession à la high culture évoquée plus haut, Maalem fait le choix de croiser cette danse avec des choix musicaux plutôt « haut de gamme » ; ainsi alterne-t-il morceaux rythmés (2 Fingers) et titres de musique contemporaine (Iannis Xenakis, Arvo Pärt, Philip Glass) et ne livre-t-il qu’en dernier un morceau hip-hop (Saul Williams). Cette forme de contrepied, mis en place dès le début du spectacle, ouvert par un titre d’Hildur Guðnadóttir, va même jusqu’à une scène de séduction dans laquelle deux danseurs s’approchent et s’aguichent tandis qu’un thème du XVIe siècle est diffusé (une improvisation de Jordi Savall, accompagné d’une harpe et d’une viole de gambe).

Chorégraphiquement, le geste se veut saccadé : le pied frappe le sol, la poitrine fait un mouvement de « pop », les doigts, mains et poignets se crispent, comme s’il fallait attraper ou griffer l’air. Pas très éloigné d’une forme de « robot dance » par instants, le krump se fait surtout énergique, voire rageur ; pour autant, aucune agressivité envers le partenaire, même quand des invectives vocales (appelées « hype ») sont proférées, encourageant celui qui se situe au milieu d’un cercle improvisé se lance dans une suite de mouvements. Précisément, le début du spectacle laisse craindre une succession de tableaux façons « battles » (deux rangées observant un danseur au centre) mais ce dispositif se trouve rapidement dépassé pour laisser place à des passages solo ou en groupe. Définitivement les plus probants, ces derniers moments voient les cinq participants évoluer en ralenti (sur le morceau d’Avro Pärt) ou en duo, pour la plus grande satisfaction d’un public venu en nombre.

Autres dates :
-  3 avril 2014 : Théâtre Jean Marmignon - Saint-Gaudens
-  12 avril 2014 : Gymnase - Roubaix
-  17 avril 2014 : Théâtre de Cahors
-  octobre 2014 : Le Cuvier - Artigues-près-Bordeaux
-  du 14 au 17 octobre 2014 : Filature - Mulhouse

François Bousquet
le 05/04/2014

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