Présences Electronique 2014 - Bertrand Gauguet / Pôm Bouvier B. + Floy Krouchi / Christine Groult + Beatriz Ferreyra

 date du concert

29/03/2014

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Bertrand Gauguet / Festival Présences Electronique 2014 / Le 104

 liens

Le 104
Bertrand Gauguet
Festival Présences Electronique 2014

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Rendez-vous était pris dès 16h dans la salle 400 pour cette deuxième journée de Présences Électronique avec pour commencer un duo composé de Christine Groult et Beatriz Feyrrara.

La salle est modérément remplie pour cette session d’un samedi après-midi printanier. Notre déplacement était motivé par la présence de Christine Groult que nous avions découvert lors d’une précédente édition du festival et que nous avions poursuivi sur disque avec notamment La condition captive (trAce Label, 2006) et Étincelles (Motus, 2006). Nous ne connaissons par contre pas Beatriz Feyrrara, compositrice d’origine argentine ayant travaillé au GRM dans les années 60.
Christine Groult est assise au clavier et autres machines, Beatriz Feyrrara est quant à elle debout avec un micro-casque sur la tête et elle passera la majeure partie du concert à s’affairer entre ses Revox et autres machines. C’est d’abord Christine Groult que l’on entendra sur une introduction abstraite et fracturée avant que n’arrivent quelques bruits de bouche de Beatriz Feyrrara. La prestation d’une quarantaine de minute restera très proche d’une musique concrète, Christine Groult déclenchant des samples de bruits de mer, de cris d’oiseaux, ou de cuivres, et dans les meilleurs moments Beatriz Feyrrara produira des sons aux tonalités similaires, nous rappelant un peu la prestation de Maja Ratkje la veille. On notera quelques passages plus évocateurs, comme ce long travelling au bord d’une route en regardant passer les voitures, une voix lançant un appel régulier. La dessus se posaient une multitude de bruitages granuleux, grincements et raclements profonds. Une musique en tension permanente et une importante interaction entre les deux femmes, donnant l’impression d’une joute sonore.

À 18h, on revient en salle 400 pour deux prestations d’une vingtaine de minutes. On commence avec un nouveau duo féminin formé par Pôm Bouvier B. et Floy Krouchi, et on s’étonnera de voir que toutes les femmes du festival se produisent dans cette salle, et aucune dans la nef. Ne connaissant ni l’une, ni l’autre une petite présentation s’impose. Pôm Bouvier a beaucoup travaillé pour le spectacle vivant, que ce soit avant ou après ses formations aux Beaux Arts et à l’INA. Floy Krouchi est bassiste de formation et elle a d’abord joué dans des registre dub, indus et noise. Suite à un voyage en Inde où elle découvre la musique locale, elle se forme aux musiques électroacoustiques. Son travail actuel est partagé entre performances, installation, composition pour la radio et spectacles vivants.
Le concert débute par l’électronique avec Pôm Bouvier à la console pour une intro très abstraite avec un déluge de sonorités électroniques. On a mal à percevoir le travail de Floy Krouchi qui produit dans un premier temps des tonalités épurées, habillant, couvrant tout juste l’électronique. Mais le set des deux femmes sera très varié, la bassiste utilisant de multiples techniques, passant de riffs arides à l’e-bow et teintant son jeu d’un style improvisé. On appréciera particulièrement l’équilibre qui s’installe entre les deux femmes. Pourtant on ne percevra aucune interaction entre elles et on en déduira que la pièce, apparemment improvisée par instants, s’appuie sur une structure bien écrite, à l’image de cette cassure nette qu’elles produisent au beau milieu de leur pièce. Encore une fois une musique très expérimentale, mais dont la richesse et la variété, ramassées sur une vingtaine de minutes, nous rendront le moment plutôt agréable.

Le dernier concert dans la salle 400 était donc assuré par Bertrand Gauguet que l’on connaissait pour son travail d’improvisateur au saxophone. C’était donc une surprise de le retrouver ici avec un set purement électronique.
Il débute de manière plutôt abrupte avec sifflements, chuintements, bruit blanc et autres textures bruitistes, crachotements, couinements aquatiques et crissements métalliques et quelques tonalités un peu moins agressives. On sera agréablement surpris par la suite, plus apaisée, moins accidentée aussi. Un premier passage avec une boucle de basse, minimale et tribale, semble faire monter la tension jusqu’à une cassure nette. Deuxième passage de pure ambient, limpide et lancinante, aux bruitages électroniques quasi bucoliques, ponctuée de quelques ondulations d’infrabasses.
Après une nouvelle cassure nerveuse, on aborde le dernier tiers de la pièce sous forme de résonance métallique instable, timide et fragile. Une belle surprise, un très bon moment.

Fabrice ALLARD
le 27/04/2014

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