Angelika Markul : Terre de Départ

 date

du 14/02/2014 au 12/05/2014

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Angelika Markul / David Douard / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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Après la grande exposition menée par Philippe Parenno, le Palais de Tokyo reprend le fil des saisons, scindées en plusieurs parts, voulues par Jean de Loisy. L’État du Ciel s’étend ainsi de février à septembre, rythmé en trois parties, avec plusieurs propositions, monographiques comme collectives, réunies autour « de l’attention portée par des artistes, des poètes, des philosophiques aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde ». Note d’intention un peu trop générale et récurrente pour être pleinement intéressante, cette dernière ne doit néanmoins pas être prise trop au sérieux afin de nous laisser appréhender, sans filtre, les espaces du centre d’art.

À ce titre, nous passerons rapidement sur Mo’Swallow, exposition de David Douard dans laquelle le Français présente des sculptures-machines tournant autour des maladies virales et de la maternité : souvent trop chargées et hétéroclites, frôlant le kitsch ou le mauvais goût, ces créations ne nous émurent guère. En revanche, descendant au sous-sol du Palais de Tokyo, on fut nettement plus séduit par Angelika Markul, présente en tant que lauréate du Prix SAM pour l’art contemporain 2012 (lancée en 2009, cette distinction honore chaque année un artiste de plus de 25 ans, résidant en France, et qui se voit offrir, outre 20 000 €, un catalogue et une exposition). Questionnant l’habituelle relation de l’homme à la nature, et de l’interaction machine-nature, la Polonaise conjugue installations et vidéos, pour décrire des paysages et phénomènes ayant subi l’impact humain : no man’s land entourant Tchernobyl, vidéos tournées aux chutes d’Iguaçu (Chili) et montrées à l’envers, si bien que l’eau remonte, au lieu de descendre les cascades. Plus loin, il s’agit de se concentrer sur un télescope géant en le filmant de si près qu’on n’en voit que le mouvement sans véritablement discerner son usage, le dépossédant alors de sa fonctionnalité.

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Bambi à Tchernobyl
(courtesy Galerie Suzanne Tarasieve)

Pour passer d’une pièce à l’autre, le spectateur traverse des espaces voulus comme des sas ou des plongées immersives : sombres et inquiétantes, Pièce du Silence et Sans Titre occupent les pans de murs, ensembles de plaques noires formées d’une matière non distinguable (plastique ? cuir ? feutre ?), au relief intriguant et à la noirceur enveloppante. La quiétude de ces salles tranche alors avec le grondement des cascades ou le ronronnement du moteur du télescope, comme leur caractère sombre contraste avec la blancheur immaculée de l’installation Bambi à Tchernobyl, juxtaposition d’un panoramique des abords du village ukrainien et de tubes semblables à des poteaux renversés.

François Bousquet
le 21/04/2014

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