Loredreamsong

 chorégraphe

Latifa Laâbissi

 date

du 07/04/2014 au 12/04/2014

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Latifa Laâbissi / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Trop souvent, on fait le constat que les meilleures intentions ne font pas les meilleurs spectacles et que les projets les plus louables échouent parfois sur l’autel de leur traduction scénique. À nouveau, ce fut le cas avec Loredreamsong, proposition entre danse et théâtre, dans laquelle Latifa Laâbissi annonce vouloir partir des clichés et remarques racistes (type « certaines femmes arabes ont une odeur bizarre… ») pour évidemment les dénoncer.

Au début, le spectacle démarre de manière plutôt convaincante avec l’entrée sur scène de deux fantômes, soit deux jeunes femmes recouverts de draps blancs qui viennent camoufler leurs identités et permettre de les appréhender au-delà des préjugés faciaux. Affublées de deux paires d’yeux (une devant, une dernière), histoire de troubler encore davantage la perception, ces deux figures traversent le plateau, font des petits bonds, trottent de cour à jardin pendant des premières minutes plutôt légères. Le ton change quand l’une des interprètes raconte des « blagues » racistes (« Un arabe à la mer, c’est la pollution ; tous les arabes à la mer, c’est la solution », ce genre) tandis que l’autre s’esclaffe de rire. Alors qu’il s’agit naturellement de mettre en exergue l’incongruité de ces sombres plaisanteries, on fut mal à l’aise avec le rire de certains spectateurs : rire de défense ? de gêne ? rire face à la situation manifestement décalée ? ou bien parce que les histoires les faisaient véritablement rire ? Si le comportement du public ne peut être mis au débit de Latifa Laâbissi, le fait de susciter de telles réactions embarrasse assurément.

Par la suite, on eut quelques difficultés à saisir la portée de saynètes comme celle dans laquelle les deux jeunes femmes chantèrent des titres tronqués, dont Come Together (pourquoi ôter tels mots et conserver tels autres ?) ou encore celle où elles pointèrent des armes en plastique vers le public. Le camouflage du début trouva un nouvel écho avec leurs visages recouverts de cirage noir, forme un peu simpliste d’universalisation du propos, avant que l’ensemble ne se termine par un retour des fantômes, manière d’établir que cet artifice (avec la fumée blanche qui vint, à un moment, recouvrir le plateau) était bien le plus probant de Loredreamsong.

François Bousquet
le 12/04/2014

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