Au Bord

 auteur

Claudine Galea

 metteur en scène

Jean-Michel Rabeux

 date

du 31/03/2014 au 15/04/2014

 salle

MC93,
Bobigny

 appréciation
 tags

Claudine Galea / MC93

 liens

MC93

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À côté du théâtre-documentaire (dont ces pages ont quelquefois souligné les limites), il existe une autre forme de théâtre qui prend appui sur des faits historiques : celui qui part d’un point de départ marquant (ici, la découverte d’une de ces photos de torture prises par les GI dans la prison d’Abu Ghraib) pour broder autour et tracer un chemin périphérique. Pour traduire sur scène le monologue écrit par Claudine Galea, Jean-Michel Rabeux a souhaité que la comédienne ne soit pas seule sur le plateau, mais accompagnée d’une jeune femme peintre, opérant à plusieurs reprises, répliquant tout d’abord au sol la photo considérée, avant de la recouvrir d’autres motifs. Si ce contrepoint visuel s’avère pertinent au début, pendant cette phase de reproduction, et à la fin quand tout est recouvert de noir, les autres interventions servent davantage à ponctuer le propos et à offrir aux spectateurs autre chose que la présence unique de Claude Degliame, placée sous le regard de tous, dans une configuration scénique circulaire.

Précisément, cette comédienne, dont l’investissement n’est pas à remettre en cause, possède un timbre tout à fait particulier : grave et presque larmoyant, il a malheureusement tendance à sur-dramatiser le texte, l’emmenant vers un pathos, déjà charrié par le contenu de la pièce. Au reste, celui-ci nous posa également quelques difficultés, notamment par le fait de tirer le propos originel (autour de la photo et des réactions vis-à-vis de cette jeune GI tenant en laisse un prisonnier irakien) vers une digression égocentrique sur l’amour de la narratrice pour les femmes (via le fantasme généré par la jeune soldate) et le rapport à sa mère. Entre Œdipe et observation de soi, on délaisse franchement le point de départ pour n’y revenir que métaphoriquement (la laisse comme lien à l’être aimé). Face à ce qui pourrait apparaître comme une forme d’obscénité (prendre prétexte d’une barbarie telle pour s’attacher aux émois amoureux), rien, dans le texte comme dans sa mise en scène, ne vient délégitimer cette impression.

François Bousquet
le 15/04/2014

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