Death And Vanilla / Saåad / Mayerling

 date du concert

17/04/2014

 salle

Flèche d’Or,
Paris

 tags

Flèche d’Or / Saåad

 liens

Flèche d’Or
Saåad

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A l’occasion de la sortie de Deep/Float, le nouvel album de Saåad, le label Hands In The Dark investit la Flèche d’Or. Cette release party convie également Mayerling et Death And Vanilla et s’affiche comme la dernière soirée « Les yeux fermés » organisées par Kongfuzi.

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Mayerling

Le premier représentant du label de Besançon à monter sur scène est Mayerling, auteur de l’album Cut-Up sorti en 2013. Les deux français livrent une performance particulièrement contrastée. Parfois au bord de l’ambient, parfois rythmée de pulsations, leur musique prend la forme d’une sorte de synth-pop hybride et downtempo. Il arrive qu’un moment capte l’intérêt, qu’un air de xylophone fasse bouger la nuque, mais souvent l’indifférence guette, en particulier lorsque l’un d’eux accompagne leur musique de son chant d’une emphase vaguement gutturale.

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Saåad

Si la foule n’est pas exactement au rendez-vous, le public s’agglutine peu à peu pour accueillir les toulousains de Saåad. Les conditions ne sont pas des plus optimales – le volume mériterait plus de puissance et l’auditoire d’être silencieux - mais le duo en tirera le meilleur. Après une introduction minimaliste, le millefeuille de nappes se construit doucement. La profondeur se trouve amplifiée par les bribes de chant, filtrées et inintelligibles, soufflées par Romain Barbot, qui montent comme une fumée et enrobent les couches sonores d’échos. Greg Buffier, à la guitare, dresse des motifs discontinus qui ponctuent l’épaisseur du drone. Le mélange de ces multiples vapeurs aboutit à quelque chose de très beau qui fait tanguer légèrement les corps. Comme si chacun entrait en résonance, stimulé au plexus par des vagues de bourdonnements mystiques, les spectateurs semblent plongés dans une introspection ténébreuse et extatique. Le sublime After love fait l’effet d’une caresse et libère sa charge de mélancolie. La fin du live sonne comme un réveil abrupt, le moment aura semblé trop court.

Marleen Nilsson, Anders Hansson et un troisième larron qui les accompagne en live vont changer radicalement l’ambiance de la Flèche d’Or. Convoquant en vrac Broadcast, Beach House ou Peaking Lights, la musique de Death And Vanilla s’apparente à mélange de new-wave et de pop élégiaque et tortueuse, un peu baroque, très stylisé, perdu entre différentes époques. Si la voix de la chanteuse et les mélodies légères de synthé confèrent des résonances vaporeuses à leur prestation, l’arrière-plan instrumental démontre une forme de noirceur alambiquée, faite de des sonorités étranges et d’une aura psychédélique. Le caractère immédiat des morceaux de Death And Vanilla et la richesse de leur univers emprunt d’une douce désuétude fait divaguer l’esprit et laissa acquis à la cause du trio.

Le contraste entre les trois concerts et la grande qualité des deux derniers aura contribué à faire de cette soirée Hands In The Dark une réussite à la hauteur de la diversité du label.

Manon Torres
le 23/04/2014

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