Bruno Peinado : L’Écho / Ce qui nous sépare

 date

du 28/02/2014 au 11/05/2014

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

Bruno Peinado / Christophe Berdaguer et Marie Péjus / Dominique Blais / HAB Galerie / Hippolyte Hentgen / Jean-Luc Blanc / Jessica Warboys / Jiří Kovanda / Kara Walker / Laurent Tixador et Abraham Poincheval / Lily Reynaud-Dewar / Michel Aubry / Michel Blazy / Philippe Decrauzat / Présence Panchounette / Renaud Auguste-Dormeuil / Saâdane Afif / Sylvain Rousseau / Vincent Mauger / Wilfrid Almendra

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HAB Galerie

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Convié à la fois à exposer au FRAC des Pays-de-la-Loire et à la HAB Galerie, Bruno Peinado fait le choix d’y présenter aussi bien des œuvres personnelles que des créations d’autres plasticiens, dans une démarche joliment intitulée « Une exposition personnelle collective (ou l’inverse) ». Avec ses propositions très référencées, ses clins d’œil récurrents à la culture populaire et ses couleurs souvent vives, le travail de Peinado est aisément repérable ; restait à savoir comment il allait appréhender la mise en regard d’autres œuvres, piochées dans la collection du FRAC et juxtaposées aux siennes dans un effet de dialogue fréquemment probant.

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Vue de l’exposition

À la HAB Galerie, le Français a majoritairement opté pour une bichromie noir et blanc, et a également capitalisé sur le grand volume du lieu pour disposer des œuvres monumentales, à l’image du cheval de Troie posé sur une réplique de chariot à canon (Sans titre, une figure embarquée). De l’animal en contreplaqué blanc suinte de l’encre de Chine, la même qui coule du corps étêté d’une statue (Sans Titre. Juste après le noir et le blanc, hommage à Édouard Glissant), qui permet à Yann Sérandour de détourner le logo de la marque de cosmétiques Schwarzkopf pour l’affubler d’une coupe afro ou qui mouchette une chemise blanche chez Lili Reynaud-Dewar. Si le bibendum black ou la banane manifestante (probablement les œuvres les plus connues de Peinado) ne sont pas présentes ici, on retrouve son goût pour la bande-dessinée avec le poing ganté de Mickey, levé à la manière des sprinteurs états-uniens à Mexico (Sans Titre, Kinky Afro), ses planches de surf agrémentées d’objets contondants en guise d’aileron, l’un de ses caissons d’aluminium peint d’une teinte unique (noire, évidemment) ou encore ses peintures murales en rayures (noire et blanche, sans surprise). Sur le mur suivant, l’intervention de Philippe Decrauzat, nouvel exemple de travail optique jouant sur la géométrie des formes concentriques, résonne assurément avec ces rayures. Aucun miroir brisé de Peinado n’est exposé à la HAB Galerie, mais celui-ci a sélectionné des créations tournant autour de cette figure : la peinture de Marie Bourget (aux traits proches de la bande-dessinée) ou le miroir éclaté et marouflé sur toile de Jim Hodges.

Les rapprochements entre artistes sont tels qu’avant de regarder le (copieux) programme de salle, on hésite à identifier les œuvres : face à des formes en bulles de savon, façon gros serpent sortant d’un tube en plexiglas, on ne sait ainsi s’il s’agit de réalisations de Michel Blazy ou de David Medalla (en vérité, c’est une pièce du second et le premier opère plus loin, avec de la mousse sortant de poubelles). Plus loin, le disque en aluminium noir éclairé au néon par derrière d’Erwan Mével pourrait tout à fait être un Peinado, d’autant plus qu’une tête d’indien, reprenant le même protocole, est accrochée juste à côté. Il en va de même avec les demi-sphères de Julien Nédélec, recouvertes de peinture unie de carrosserie, vive et brillante, qui s’apparente à un Peinado.

Au-delà de ces similitudes, quelques dialogues savoureux s’instaurent : les morceaux de musique diffusés par les enceintes placées sous le cacatoès de Sylvain Rousseau servent de déclencheurs aux luminaires de Saâdane Afif alors, qu’à l’inverse, les micros disposés en ovale par Dominique Blais ne captent aucun son, mais diffusent plutôt le bruit fait à leur ouverture. Les petits habitats de Berdaguer et Péjus font écho à la bouteille en verre contenant des petits personnages en plastique de Laurent Tixador et Abraham Poincheval et au Dis(play)sure Land de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau (maquette de maison parentale reconvertie en parc d’attraction aquatique).

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Vue de l’exposition

Dans ce contexte foisonnant, les œuvres en deux dimensions souffrent un peu de leur réunion aux côtés des sculptures et installations : de fait, face aux grandes pièces d’Harald Klingelhöller, Michel Aubry, Présence Panchounette ou Wilfrid Almendra, le mur regroupant, entre autres, un tableau de Jean-Luc Blanc, une photographie augmentée de Renaud Auguste-Dormeuil, des dessins d’Hippolyte Hentgen ou de Kara Walker ou une photographie de Jiří Kovanda paraît bien monotone. Enfin, moins frontal et plus évaporé que certaines propositions, les Ocean Painting de Jessica Warboys, les répliques de résidus de cimaises de Morgane Fourey ou la vidéo d’un sol mouvant de Vincent Mauger trouvent particulièrement bien leur place dans les alcôves, un peu en retrait du reste de l’espace.

François Bousquet
le 07/05/2014

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