booty Looting

 chorégraphe

Wim Vandekeybus

 date

du 14/04/2014 au 25/04/2014

 salle

Théâtre de la Ville,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre de la Ville / Wim Vandekeybus

 liens

Théâtre de la Ville
Wim Vandekeybus

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Un mois après avoir vu What The Body Does Not Remember, première chorégraphie de Wim Vandekeybus, c’est à une de ses dernières créations en date qu’on assista, installé dans les fauteuils du Théâtre de la Ville, au sein d’une salle bien remplie et prête à s’enthousiasmer pour booty Looting, jamais encore donné en Île-de-France. À la différence du spectacle pionnier, le plateau est ici nettement plus étoffé, riche d’objets divers, de décors amovibles et, surtout, de la présence d’un photographe et d’un musicien. Ceux-ci vont être chargés de documenter, en direct, la représentation qui débute comme la réactivation d’une performance de Joseph Beuys, avant de s’attacher à la figure de Birgit Walter, actrice allemande (qui interprète ici son propre rôle), qui a notamment sacrifié ses enfants à sa carrière.

Au total, on se trouve plutôt face à une performance qu’à un véritable spectacle de danse, avec tous les atours du genre : profusion d’actions sur le plateau, vociférations, expressivité maximale du corps et des visages, interprète nu à la fin, utilisation de technologies, mélange de disciplines artistiques, références haut de gamme (Beuys, Clouzot, voire la figure de Médée, écho de la biographie de Birgit Walter) et part d’improvisation. De fait, dès le début, Jerry Killick s’empare d’un micro pour se faire Monsieur Loyal, introduisant les séquences, avant de lui-même s’investir. Intéressé par le « live », Vandekeybus laisse son interprète digresser, tandis qu’Elko Blijweert alterne accords nerveux à la guitare électrique et jeu au clavier plus proche de l’orgue, et que Danny Willems saisit, avec son appareil numérique, certaines postures et gestuelles, reproduites en direct sur un écran tendu en fond de scène.

Si, d’ordinaire, on peut se trouver distrait par cette multiplication d’actions et d’intervenants, ne sachant plus quoi regarder ou suivre sur le plateau, l’action se fait ici plus fluide et mieux découpée, les séquences s’enchaînant aisément. Pas dupe de son dispositif, Vandekeybus fait interrompre Killick au milieu d’un monologue sur la rédemption par l’art, l’interprète tançant alors le public, lui reprochant de davantage se concentrer sur les acteurs nettoyant la scène que sur ses propres propos. Ce bris du quatrième mur et cette modification du rapport scène-salle reviendront plus tard, comme des scansions d’un spectacle à l’énergie certaine même si on peut s’interroger sur la portée véritablement biographique du spectacle et la véracité des éléments rapportés de la vie de Birgit Walter. Peu importe, en définitive, car ce qui compte, c’est bien la plasticité et le souffle qui se dégagent du plateau.

Autres dates :
-  16 mai 2014 : De Grote Post, Ostende
-  23 et 24 mai 2014 : Trafó, Budapest

François Bousquet
le 25/04/2014

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