Présences Electronique 2014 - Fennesz / Matmos / Bernard Parmegiani

 date du concert

29/03/2014

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Bernard Parmegiani / Fennesz / Festival Présences Electronique 2014 / Le 104 / Matmos

 liens

Matmos
Bernard Parmegiani
Fennesz
Le 104
Festival Présences Electronique 2014

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Samedi soir, grosse soirée dans la nef puisque nous avions Christian Fennesz et Matmos en tête d’affiche, et des spectateurs logiquement venus en nombre.

La première partie annoncée était un hommage à Bernard Parmegiani qui nous a quitté en novembre dernier. En prélude au concert, un film nous a été présenté, parcourant en une dizaine de minutes les différences facettes du compositeur, mime, animateur d’ateliers de découverte sonore pour les enfants, auteur de multiples génériques d’émissions pour la télévision et la radio, mais aussi du sonal (jingle) de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.
En guise de concert, nous avons eu droit ensuite à une diffusion de Pop’eclectic, une pièce composée en 1969, un peu à part dans l’œuvre de Parmegiani. Il s’agit d’une sorte de patchwork, d’un collage de sons concrets et synthétiques, agrémenté parfois d’un jeu de percussion tout à fait classique, nous rappelant de part l’esprit, le Psyché Rock de Pierre Henry. Une musique pleine de vie, et donc un bel hommage.

On enchaîne avec Matmos, un duo qui nous a toujours laissé une impression assez bizarre. Le sentiment de n’avoir jamais vraiment adhéré à leur démarche. Leur set se divisera en deux parties. Un premier titre d’une dizaine de minute, ponctué par le tempo d’un métronome qui se dédouble en une belle rythmique, des basses rondes et des claviers qui couinent pour un résultat plutôt séduisant, accrocheur, chaloupé à défaut d’être dansant.
M.C. Schmidt prend alors la parole afin de présenter la seconde pièce, en hommage à un autre compositeur, Robert Ashley, décédé le 3 mars 2014, connu pour ses opéras intégrant l’électronique. Entre 1978 et 1980 il a composé Perfect Lives, un opéra écrit pour la télévision divisé en sept épisodes. Ce soir Matmos nous jouait le dernier acte de cet opéra. Durant 20mn, le duo délivrera une musique répétitive, marquée par une rythmique de percussions acoustiques issues de l’œuvre originale. L’apport du duo se situe principalement dans l’utilisation des guitares, fines et entrelacées. L’accompagnement électronique a disparu, la mélancolie dans la voix aussi. Cette version nous paraitra longue, plate, et l’ennui est bel et bien présent.

Pour conclure cette soirée, on passe à Christian Fennesz que nous avons beaucoup aimé, mais qui depuis bientôt 10 ans maintenant nous ennuie en concert, nous servant à peu près à chaque fois le même spectacle, si ce n’est jouer ses disques. Les 10 ans de Présences Électronique sont un faux prétexte pour faire jouer l’Autrichien qui est à l’affiche du festival tous les 4-5 ans (tous chroniqués sur ces pages). On fête donc ce soir sa troisième participation, avec la même configuration à base de guitare, laptop et console de mixage, mais cette fois un peu à l’étroit dans sa veste de costume.
Le concert débute par des nappes électroniques, une ambient oscillante et mélancolique du plus bel effet. Mais il ne faudra que 2-3mn et quelques notes approximatives pour que l’Autrichien nous lance des riffs de guitare nerveux, incisifs. On ne comprendra pas trop le principe, la différence de mixage entre guitare et électronique étant telle que la guitare couvre tout, passant alors d’une ambient langoureuse à un rock tendu selon que l’artiste utilise ou pas sa six cordes.
Durant la grosse demi heure que durera le concert, Fennesz alterne avec une belle régularité entre les deux procédés (électronique / guitare) sans pour autant que les genres ne soient aussi marqués. Son électronique est parfois sombre et lourde tandis que les guitares peuvent se faire elles aussi plus mélancoliques. On craignait encore une fois la redite, mais dans sa globalité, ce concert fut finalement une agréable "surprise".

Fabrice ALLARD
le 28/04/2014

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