Interprète.

 date

du 28/03/2014 au 11/05/2014

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Henrot / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Lily Reynaud-Dewar / Marie Cool et Fabio Balducci / Pierre Paulin / Thu Van Tran

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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Thu Van Tran - Arirang Partitions
(courtesy Meessen De Clercq Gallery, Bruxelles)

Pour cette nouvelle présentation des récentes acquisitions du FRAC Île-de-France, Xavier Franceschi a choisi la thématique de l’interprétation et pioché alors dans la collection du FRAC plusieurs œuvres ayant en commun cette notion. Assez logiquement, une bonne partie des pièces montrées tourne autour de la musique, dans la lignée des nombreuses expositions ayant eu lieu ces dernières années autour de cette thématique. Avec ce point de départ, l’interprétation peut être directe ou évocatrice : directe quand il s’agit de demander à un pianiste de jouer une partition sur un piano (Arirang Partitions de Thu Van Tran) ou pour Pierre Paulin, qui accroche des vinyles dans des pochettes plastiques, évocatrice chez Haroon Mirza, qui construit une installation-hommage à Ian Curtis (diffusion en boucle d’une bribe de chanson de Joy Division, vidéo d’un concert…), quand Damir Očko fait « dire », en langue des signes, trois expériences liées à la musique et au silence ou bien lorsque Joseph Grigely, devenu sourd à l’âge de 11 ans, se concentre sur les photographies de journaux accompagnant les critiques de spectacles d’art lyrique. On le saisit : il s’agit, à chaque fois, d’opter pour une approche non frontale puisque même le piano de Thu Van Tran est divisé en deux (une partie juste poncée, une autre sculptée artisanalement) et que la feuille de partition est également coupée en deux, dans la longueur, forçant le musicien à laisser des mesures de silence, faute de notes à jouer.

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Marie Cool et Fabio Balducci - photogramme extrait de Untitled
(courtesy Galerie Marcelle Alix)

Au-delà de l’aspect musical, l’interprétation peut évidemment infuser de nombreux autres champs et domaines : les ikebanas de Camille Henrot (branches de chêne vert, ail d’ornement et citrons en lieu et place des traditionnelles compositions florales délicates) en témoignent, tout comme les maquettes de Benjamin Seror (tentatives de matérialisation de concepts) et les affiches de Lili Reynaud-Dewar (reprenant des textes du designer italien Ettore Sottsass). Assurément, cette notion d’ « interprétation » et la figure de l’ « interprète » sont suffisamment vastes pour embrasser largement, et, à force, l’impression que tout est dans tout (et réciproquement) peut commencer à se faire jour. Néanmoins, quand cela conduit à présenter des œuvres touchantes, nonobstant leur caractère très rudimentaire, ceci n’importe guère. Et, précisément, c’est le cas avec les trois vidéos du duo Marie Cool et Fabio Balducci : gestes simples (rapprocher des feuilles de papier dans un phénomène de collision, déplacer des crayons noirs pour former une onde, faire pointer un rayon lumineux sur une feuille blanche), matériel basique (papier-crayon), absence d’effet mais résultat hautement probant.

François Bousquet
le 09/05/2014

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