Barzin

 date du concert

01/05/2014

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Barzin / Espace B

 liens

Barzin
Espace B

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Bien que le Canadien visite les salles parisiennes tous les deux ans environ, cela faisait depuis 2009 que nous n’avions pas vu Barzin en concert ; de même, son dernier album en date (To Live Alone In That Long Summer, paru en février dernier sur Monotreme) n’avait pas trouvé le chemin de notre lecteur. C’est donc avec un souvenir un peu lointain qu’on se rendit en cette soirée de jour férié pluvieux à l’Espace B pour assister à un plateau ouvert par Manolo Redondo. Nouvel avatar d’une scène française folk trop uniforme à notre goût, le jeune homme opérait à la guitare acoustique, un sistre lacé au pied gauche en guise d’élément rythmique, accompagné d’un comparse à la guitare électrique. Ses compositions basiques passèrent alors sans honte (mais sans enthousiasme, non plus), y compris les deux reprises dont A Horse With No Name d’America pour terminer (« In the desert you can remember your name/’Cause there ain’t no one for to give you no pain/La La-La La La-La La-La La/La La-La La La »).

Quand Barzin et ses quatre musiciens prirent place devant un Espace B rempli pour moitié et débutèrent par Past All Concerns (premier titre de leur premier album), on sut que le moment allait emporter l’adhésion : suavité de la guitare lap steel, délicatesse du vibraphone, rondeur de la basse, chaleur de la voix et mélodie caressante tissèrent, de fait, une impeccable ouverture. Pus tard, cette configuration se retrouva sur It’s Hard To Love Blindly ; pour le reste du set, Nick Zubeck passa à la guitare électrique, parfois légèrement saturée, tandis qu’Amy Manusov restait au vibraphone et Jesse Turton à la basse. Les morceaux pouvaient s’éloigner ponctuellement du « folk de chambre » vanté par l’affiche de la soirée pour endosser un tempo (un peu) plus élevé, notamment sur certains titres plus tendus sur lesquels Gabriel Vigne (batteur du groupe Baden Baden, intégré pour quelques dates sur la tournée des Canadiens) intervint aux baguettes : Won’t You Come ou Cross The Road (premier des deux hommages rendus à Songs:Ohia - voilà des reprises légitimes, appropriées et non paresseuses !).

Si, sur le plan purement musical, on ne trouva rien à redire aux treize morceaux du concert, on fut progressivement irrité par les interventions intermédiaires de Barzin. Entre chaque titre, il ne put s’empêcher de raconter qu’il était un peu saoul, livra une anecdote sur chacun des membres du groupe, s’étonna que l’affaire de cœur de notre Président de la République ne fît point de scandale, partit dans des digressions métaphysiques, etc… Systématiques et plombantes, ces intrusions nous faisaient avoir encore plus hâte que les morceaux arrivent, lesquels furent même, par contagion, insensiblement moins appréciés.

François Bousquet
le 05/05/2014

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