Présences Electronique 2014 - Asmus Tietchens / OttoannA / Dick Raayjmakers

 date du concert

30/03/2014

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Asmus Tietchens / Festival Présences Electronique 2014 / Le 104 / OttoannA

 liens

OttoannA
Le 104
Asmus Tietchens
Festival Présences Electronique 2014

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Troisième et dernier jour de cette dixième édition de Présences Électronique, avec une affiche un peu plus pointue que la veille puisque les "stars" du jour étaient Nurse With Wound pour la soirée et Asmus Tietchens pour l’après-midi dans la salle 400.
On était un peu moins motivé pour cette journée, mais on était quand même tenté de voir OttoannA que l’on n’avait pas vu depuis très longtemps, tout comme Lionel Marchetti qui se produisait ce soir avec Xavier Garcia.

On commence à 16h avec dans un premier temps une diffusion de quatre pièces de Dick Raayjmakers, un compositeur néerlandais, décédé lui aussi en 2013, et que l’on ne connaissait que de nom. Quatre pièces de procédés et de styles très différents, la première étant composée sur piano, mais jouée à la façon d’une musique improvisée sur piano préparé. Les notes dégringolent dans de grandes accélérations, les cordes sont tour à tour frappées et pincées, le tout dans un style très déconstruit, abstrait. Mechanical Motions ensuite est plus proche d’une musique concrète, un collage de sonorités diverses, de synthèse ou d’enregistrements d’un film.
Canon 1 se démarque de part le choix de ses sonorités, sortes de frétillements granuleux et graves. On adorera ce son étonnant, inhabituel, mais on aura un peu de mal à percevoir la composition du canon annoncé. On terminera cette petit demi-heure de concert avec Ein Reiterstück, composée comme les trois précédentes dans les années 60, mais quant à elle inédite. Il s’agit d’une commande pour une exposition de l’Agence de Commerce extérieur néerlandaise que l’on trouvera plutôt illustrative. On revient en effet à de la musique concrète avec bruits de moteurs et frottements métalliques pour une connotation industrielles assez évidente.

OttoannA est un duo formé par Valerie Vivancos et Rodolphe Alexis, duo que l’on n’avait pas vu en concert depuis les années 2005-2006, à l’époque du Project 101 (pour les plus jeunes, il s’agissait d’une micro salle de concert de la Rue de la Rochefoucauld, active entre 2001 et 2006). Après tant d’années, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Notre seul indice était le travail que mène chacun d’eux, le field recording pour lui, l’art radiophonique pour elle.
Ce concert fut donc une belle et grosse surprise puisque le duo aborda des genres musicaux que l’on n’attendait pas ici. L’introduction, progressive, toute en douceur, se rapprochait d’une ambient drone minimale, à la fois douce et sombre, apaisée et inquiétante, juste ponctuée de petits cliquetis, de résonances régulières puis de bruitages, croisement de sons concrets et de field recordings. À force de prendre de l’importance, ce sont ces bruitages qui finissent par l’emporter lors d’un passage très concret, sur lequel quelques glissements électroniques se font entendre. Mais l’ambient revient sous forme de drones lancinants, de vocaux éthérés et de micro-bruitages. La tension ne cesse de monter, les spectateurs sont submergés par ces nappes denses et profondes, suivies de souffles sourds.
Le dernier tiers de la pièce nous permet de revenir à des sonorités concrètes et field recordings, bruissements de branchages, chants d’oiseaux, bol tibétain et ondes radios pour un final tout en douceur. Un excellent concert, et certainement l’une des meilleures surprises de cette édition de Présences Électronique.

Deuxième partie avec la séance de 18h durant laquelle se produisait Asmus Tietchens pour un concert d’une quarantaine de minutes. Un musicien renommé mais que l’on n’a découvert que très tardivement et qui n’a fait l’objet que d’une seule chronique sur ces pages, suite à un concert aux Instants Chavirés, fin 2010, que l’on avait adoré.
On partait donc confiant, mais certainement aussi avec l’attente d’un concert ambient, proche de celui évoqué à l’instant. Or il n’en fut rien. L’Allemand débute par quelques souffles, de timides résonances qui habillent tout juste le silence, et très rapidement ce sont de petits bruitages qui semblent dégringoler, un peu comme des dés que l’on lancerait sur un support en bois, voire des pas sur un plancher. Les bruitages sont progressivement amplifiés et semblent alors être plus électroniques, mais ce type de composition ne nous quittera pas durant tout le concert. Asmus Tietchens jouait ce soir une musique pointilliste, abstraite et parsemée de petits bruitages tour à tour aquatiques, métalliques, avec parfois quelques rémanences industrielles lorsqu’un roulement régulier, lourd et mécanique prend le dessus et emporte tout sur son passage.
On ne rentrera malheureusement pas du tout dans cet univers et au final c’est bien le concert d’OttoannA qui nous aura le plus marqué cet après-midi.

Fabrice ALLARD
le 06/05/2014

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