Présences Electronique 2014 - Nurse With Wound / Xavier Garcia + Lionel Marchetti / Jean Schwarz

 date du concert

30/03/2014

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Electronique 2014 / Le 104 / Lionel Marchetti

 liens

Le 104
Festival Présences Electronique 2014

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Nous voici donc dans la dernière ligne droite du festival avec cette troisième soirée dans la Nef Curial du 104 et Nurse With Wound à la fois en tête d’affiche et clôture cette dixième édition.

C’est Jean Schwarz qui ouvrait cette soirée. Un musicien que l’on ne connaissait pas, qui a passé 30 ans au GRM et qui est connu pour son travail pour le spectacle vivant (notamment avec Carolyn Carlson) et le cinéma. Il nous proposait lui aussi un hommage à Bernard Parmegiani avec Swan, une pièce composée à la mémoire du compositeur.
Jean Schwarz le dit lui-même, cette pièce est censée refléter la sérénité que dégageait Parmegiani. Aussi on se retrouve là avec une pièce plutôt ambient, toute en douceur, s’ouvrant sur un mélange de souffles et drones sourds, dégageant un sentiment d’apaisement et de vie, avec au second plan de petites sonorités lumineuses, glissements et résonances tour à tour métalliques et aquatiques. Ces éléments fragiles, utilisés avec minutie, finissent par prendre le dessus et confère à la pièce un aspect précieux, jusqu’à ce que tout vole en éclat, un court instant, lorsqu’un essaim de sonorités se met à sévir, tel une tempête de verre et de métal. Retour au calme, apaisement, et applaudissements nourris.

Deuxième partie avec Lionel Marchetti, encore un artiste que l’on n’avait pas vu depuis bien longtemps, et Xavier Garcia que l’on découvrait pour l’occasion, ancien membre du GRM travaillant principalement à l’échantillonneur (sampler). Les deux artistes ont donc une approche similaire, Marchetti utilisant des sons enregistrés sur bande magnétique qu’il manipule en live (magnétophone Revox), Garcia optant pour la version numérique.
De fait, leur performance tenait à la fois de la musique concrète et de l’improvisation, avec un rendu extrêmement abstrait, alliant à la fois sonorités enregistrées et créées en direct, le tout ponctué par le glissement des bandes magnétiques, parfois un peu envahissant. Le concert s’apparente à un catalogue de sons qui s’entremêlent à l’infini pour en créer de nouveaux et oser des collisions comme ces piaillements plaintifs et grands coups de percussions métalliques aux consonances industrielles.
À mi parcours le ton se calme, l’ambiance s’apaise, et les quelques sonorités concrètes se posent sur une nappe ambient qui sert de fondation à la deuxième partie de concert, toujours très concrète, mais plus posée et plus électronique.

C’est ensuite au tour des très attendus Nurse With Wound en formation élargie puisque sous forme de quatuor : Steven Stapleton, Colin Potter, Matthew Waldron et Andrew Liles. Petite surprise, le français Quentin Rollet, co-fondateur du label Rectangle (qui a notamment édité des productions de Xavier Garcia) était également de la partie en guise de guest. Nous connaissons très mal Nurse With Wound et le large éventail de leur production, entre musique industrielle, collages concrets et ambient, y est certainement pour quelque chose.
Découverte en live donc, avec pour commencer une longue intro ambient, mais contrairement à ce que l’on pouvait attendre, une ambient mystérieuse, voire mystique plutôt que dark. Drones et souffles s’étendent à l’infini, croisant de longues notes de guitare basse, des voix ululant au milieux d’une forêt, quelques tonalités métalliques aussi. Même Quentin Rollet produit ici des souffles atones dans ses clarinette et saxophone.
Le concert composé d’une seule pièce s’appuie sur la lente évolution de son ambiance, les bruitages prenant de plus en plus d’importance. De l’ambient on passe à une musique improvisée, collage de sons concrets, de mélodies de cordes frappées, de grincements plaintifs et de bruits sourds et mécaniques au sein desquels le passé industriel du groupe refait surface. Le dernier quart d’heure s’apparentera à une version compressée de la première demi heure avec un retour au calme, puis de nouveau une belle montée sur laquelle Quentin Rollet fait virevolter ses notes de cuivres avant d’achever sur un magma mécanique limite bruitiste.

Petit cadeau trouvé sur Youtube, les 13 premières minutes du concert.

Fabrice ALLARD
le 08/05/2014

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