Christian Fennesz

AUN - The Beginning And The End Of All Things

(Ash International / La Baleine)

 date de sortie

25/06/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Musique de film

 appréciation

 tags

Ambient / Ash International / Fennesz / Musique de film

 liens

Fennesz
Ash International

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Drôle de surprise que de voir débarquer cet album de Fennesz qui est en fait la BO d’un long métrage du réalisateur autrichien Edgar Honetschläger. Aun est une coproduction austro-japonaise datant de 2011 qui est restée confidentielle, tout juste présentée dans quelques festivals étrangers et depuis disponible en DVD. Bien souvent déçu depuis quelques années par les concerts de l’Autrichien, il s’avère que l’on trouve toujours ses albums plaisants, même si l’effet de surprise s’est quelque peu estompé avec le temps.

On était très curieux de voir comment Fennesz allait aborder ce travail conçu pour l’image. Le film durant 1h50, il faut quelques morceaux pour l’habiller, aussi l’album affiche 15 pistes de 3-4 minutes, toutes composées par l’Autrichien qui recycle toutefois trois titres écrits avec Ryuichi Sakamoto et tirés de l’album Cendre (Touch, 2007).
On retrouve tout de suite le son de Fennesz, mais peut-être plus apaisé, plus ambient que d’accoutumé sur le très beau Kae qui sert d’ouverture, à la fois minéral, organique, grave et mystérieux, qui nous semblera trouver logiquement sa place sur des images afin d’en appuyer l’ambiance. Dans le genre, on retiendra le superbe Euclides sur lequel l’artiste se lance dans une ambient-drone minimale et particulièrement ample. Dans une approche plus classique, moins minimale et basée sur des croisements de nappes, Fennesz s’aventure régulièrement vers l’ambient, douce et lisse, apaisée et sans aspérités sur le dernier tiers de l’album avec des titres tels que Himitsu, Shinu ou le caudal Hikari.

C’est toujours du Fennesz, mais l’attaque des notes de guitare acoustique nous fait complètement changer de registre sur Sekai, l’aquatique Nympha, ou encore Sasazuka, plus feutré et plus sombre. On passera assez rapidement sur les trois titres composés avec Sakamoto qui esquisse des mélodies néoclassiques en clair obscur pendant que l’autrichien tapisse l’ensemble d’étranges textures organiques, sombres et mouvementées, faite de souffles et chuintements numériques.
On s’attardera un peu plus sur deux morceaux qui sortent du lot, à commencer par leur titre qui les inscrit plus spécifiquement dans la BO de ce film : Aun40 et Aun80. Ils se distinguent ensuite par la richesse de leur son et de leur composition : l’autrichien mêle acoustique et électronique, flirte avec les musiques du monde, joue avec l’abstraction des musiques électroacoustique, les cassures et l’imprévisible dans une impro de guitare acoustique, tout en nous embarquant dans ses nappes minérales à la fin de Aun40.

Un album qui ne décevra pas les fans de l’autrichien qui retrouveront là ce qui a fait son succès. C’est pour nous une très bonne surprise que de le retrouver dans un exercice nouveau, pour lequel il tente de se mettre un peu plus en danger.

Pour information, le film AUN - The Beginning And The End Of All Things est disponible en vidéo à la demande sur Viméo.

Fabrice ALLARD
le 24/05/2014

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