Pelt - Jérôme Noetinger - Noxagt

 date du concert

05/03/2004

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Instants Chavirés / Jérôme Noetinger / Noxagt / Pelt

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Instants Chavirés

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N’étant présent cette année au festival (K-raa-k)3 qui se déroulait le lendemain en Belgique, les Instants Chavirés nous proposait de voir deux des groupes qui devaient s’y produire, à savoir Pelt et Noxagt. Entre les deux, notre improvisateur expérimentateur Jérôme Noetinger nous livrait un concert étonnant, et plus électronique qu’à son habitude.

Ce sont les américains de Pelt qui débutent la soirée, une espèce de trio hippie, anti-stars assez amusant à voir en concert puisque s’échangeant sans cesse leurs instruments et se donnant régulièrement des consignes pour être plus en harmonie. Ils jouèrent environ 45 minutes, avec seulement 3 morceaux d’un quart d’heure chacun, tous les trois assez différents même si à peu près dans le même esprit. Le premier débutait lentement par quelques tintements de cymbales et bols tibétains sur un drone proche du son d’un accordéon. Parfaitement contemplatif, peu d’évolutions mis à part quelques montées, un jeu assez fin sur la résonance de ces instruments, et un final grinçant joué sur un esraj (instrument traditionnel de la musique indienne, proche de la sitar). Justement le deuxième morceau était un véritable trip world/new age débutant par de grave vocalises, teinté de folk et de blues américain avec une très belle mélodie de guitare. Dommage que les influences ne soient pas un peu plus subtiles, car bien que très joli et prenant, celui-ci faisait parfois un peu cliché, carte postale. Le dernier morceau, apparemment plus improvisé, reprenait ce type d’instrumentation mais son manque de construction, l’impression que le morceau n’allait nul part a fini par nous lasser. Cela reste tout de même un concert très plaisant.

Grosse surprise ensuite avec Jérôme Noetinger, peut-être due au fait que l’on en attendait pas grand chose. En fait c’est la première fois qu’on le voyait sous cette forme, abandonnant ses magnétos à bande pour divers générateurs de sons électroniques manipulés via une grosse table de mixage. C’est visuellement très bricolé avec des haut-parleurs démontés, des micros bricolés, un radio-réveil, des flashs d’appareils photo, etc... Tout ces objets concrets interagissent pour produire des sonorités électroniques parfois étonnantes comme les flashs qui une fois déclenchés à proximité du radio-réveil provoquent le bruit d’un tir laser dans un film de science-fiction. On remarquera juste un petit passage à vide en milieu de concert, s’attardant un peu trop sur un drone-tondeuse à gazon, mais les quelques enchaînements avec des passages enregistrés sur un magnétophone rattraperont cette petite faiblesse et cette prestation restera un excellent souvenir.

Pour finir, Noxagt, trio norvégien avec violon, basse et batterie. Une formation assez atypique qui produit une musique au son assez particulier, mais une fois l’effet de surprise passé, on constatera assez vite que le groupe a un peu de mal à se détacher de la recette. La batterie frappe fort, le bassiste se démène mais étrangement on l’entend à peine, peut-être écrasé par une espèce de violon décadent, grinçant, brut. Les breaks sont attendus, les relances inévitables, parfois le violoniste désamorce ses pédales d’effets pour retrouver un son plus classique, ou parvient trop rarement à un petit instant de grâce en utilisant son instrument comme une guitare égrenant quelques notes.
Au final ça reste du rock instrumental, puissant, bruyant, ou le violon parvient sans mal à remplacer, imiter même, la guitare électrique.

Fabrice ALLARD
le 15/03/2004

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